Rencontres manquées au parc de Kouchibouguac…

« Difficile à prononcer, impossible à oublier », telle est la devise du Parc National de Kouchibouguac. Il faut concéder que le nom n’est pas évident à prononcer de prime abord, mais croyez moi il serait dommage de s’arrêter là car derrière, un parc étonnant et plein de surprises se cache.

Ainsi, derrière le parc de Kouchibouguac, c’est avant tout l’histoire d’hommes et de femmes amoureux de leur région qu’il faut comprendre. Et pour mieux appréhender le passé de ces terres si particulières, il faut se replonger il y a plus de années de cela, au moment de la création du parc.

Peu de gens s’en doutent, mais bien des parcs nationaux canadiens étaient à la base des lieux d’habitation, des villages desquels on du être expropriés leurs propriétaires afin de créer et de protéger ces réserves naturelles que l’on connaît aujourd’hui.

A Kouchibouguac, c’est en effet pas moins de 228 foyers situés dans 7 villages - soit 1200 personnes au total - qui ont ainsi été évacués en 1969. A t-on eu raison à l’époque d’exproprier ces pauvres gens? La question est discutable certes…

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Car en effet,  il faut toujours mettre en balance l’intérêt commun de protection d’un espace naturel avec celui plus particulier de ceux pour qui ce territoire était celui sur lequel leurs ancêtres habitaient et avaient bâti leur vie, leurs traditions et leurs souvenirs depuis des générations…

C’est ainsi que dans le parc de Kouchibouguac, on peut croiser des clairières vides d’arbres, emplacement d’un village rasé, ainsi que d’anciens cimetières - dont un toujours en service pour les habitants expropriés qui souhaitent y être inhumés - témoins silencieux du passé de ces lieux…

On parle même d’un vieux monsieur qui depuis des années, dernier bastion de ce passé tumultueux, continue corps et âme de refuser toute indemnisation et de quitter le parc, en continuant à vivre dans une petite roulotte au bord de la route… Sujet polémique au possible. ˆˆ

Toutefois, pour rendre hommage à tous les autres habitants ayant été expropriés, une exposition au centre d’interprétation permet de mieux retracer leur histoire. Dans tous les cas, devant les paysages offerts dans ce parc, on ne peut que se réjouir que leur beauté soit préservée année après année.

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Comme dans chaque parc vous pourrez trouver des sentiers de randonnées bien sur, mais ce qui m’a le plus plu à Kouchibouguac fut la plage Kellys, composée d’une dune de pas moins de 6 kilomètres de long. Pour ceux qui connaissent la dune du Pilat, rien de comparable on s’entend.

Mais sa beauté est ailleurs que dans la hauteur de cette dune - complètement plate. En ce début de printemps, alors que le parc sort tout juste de l’hiver, la plage est encore totalement déserte. On y accède uniquement par une passerelle en bois d’1,2 kilomètre de long,

Arrivés sur la plage, on entre ici sur le territoire des pluviers siffleurs, cet oiseau sauvage qui construit son nid en creusant un trou dans le sable où il dépose des galets et des coquillages qui ne suffisent pas toujours malheureusement à camoufler suffisamment les oeufs des prédateurs.

Renards, goélands, mais aussi humains qui pourraient détruire les nids en marchant dessus sans s’en rendre compte. C’est pourquoi de mai à juillet les zones de nidifications du parc sont parfois fermées afin de les protéger de ces menaces, la dune Kellys étant un lieu stratégique pour cette espèce.

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La plage Kellys est ainsi un éco-système plein de richesses, puisqu’au mois de juillet, c’est une colonie de pas moins de 300 à 600 phoques gris qui se donnent rendez-vous tout au bout de la dune, pour un spectacle des plus surprenants à nos yeux.

Pour ceux qui auraient le courage de parcourir à pied les 6 kilomètres de la dune, ou de participer à une expédition en canot - le parc organise tous les matins pour 35$ des sorties de 3h à la rencontre des phoques, sternes, balbuzards et pygargues à tête blanche – l’émerveillement est là.

Imaginez, des centaines de phoques étendus sur le sable chaud, mais surtout, le bruit : un vacarme intense! Car en effet, il faut savoir que les phoques ne peuvent émettre de son que lorsqu’ils touchent le fond, et donc ils ne peuvent pas faire de bruits lorsqu’ils flottent à la surface de l’eau.

L’été bien entendu, c’est aussi un nombre important de touristes qu’on peut retrouver sur cette dune qui reste avant tout une plage sur laquelle il fait bon se baigner. Toutefois, il est important que chacun fasse un effort pour ne pas dénaturer cet endroit si fragile.

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Cela passe notamment par le fait de ne pas ramasser de coquillages, car même si ceux ci peuvent en effet être de jolis souvenirs, ils font aussi et surtout partie de cet environnement et sont de potentiels habitats pour les espèces vivant sur cette plage.

De ces quelques heures passées au parc, je garderai un bon souvenir, même si un peu terni encore une fois par la déception de ne pas avoir été là à la bonne période, et de n’avoir vu sur cette plage ni phoques, ni pluviers siffleurs, juste l’immensité de l’océan…

Des orignaux qu’on peut également parfois croiser je n’aurais également rencontré que leurs crottes malheureusement ˆˆ, mais au détour d’un virage en voiture, je devais tout de même me retrouver de manière innatendue face à face avec un coyote de l’est.

Celui ci est différent du coyote du sud-ouest dont il est originaire, car lors de sa migration il s’est reproduit avec le loup avec comme résultat des coyotes plus grands au Nouveau Brunswick, Nouvelle Écosse, Labrador et Île du Prince Édouard… une belle rencontre pour plusieurs manquées finalement!

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  • Ce genre des rencontres sont des instants magiques, à Vancouver nous sommes tombés face à face avec un renard puis à Arches sur une biche t son petit, c’est juste magique ce face à face et ce regard animal pose sur nous, inoubliable!
    Merci pour cette découverte.

    • @Larrode oui c’est fou comment leur regard peut nous transpercer. :)

  • Ca a l’air tellement beau!

    • @Mélina oui c’était vraiment très beau!

  • Ça à l’air chouette! Peut-être qu’on aura le temps d’y faire un tour cet été!
    D’ailleurs, cherche pas, le Canada, ça se visite qu’aux mois de Juillet et Août j’ai l’impression! Ya toujours de la neige dans les rocheuses et beaucoup de sentiers sont encore fermés. Bon c’est vrai que le printemps à un retard estimé de 1 mois, mais bon…
    C’est tout de même magnifique mais on repart avec une pointe de frustration aussi!
    Merci de nous raconter tes récits de voyage!!!
     
    Bisous et bonne route!

Toi aussi laisse ton petit brin d'herbe...