Être heureux aux yeux des autres nous rend t-il plus heureux ?

«Si on ne voulait qu’être heureux, cela serait bientôt fait. Mais on veut être plus heureux que les autres, et cela est presque toujours difficile parce que nous croyons les autres plus heureux qu’ils ne sont.»

 Montesquieu

De tout temps, nous avons toujours cherché à maitriser l’image que nous donnons de nous aux autres… La seule différence d’aujourd’hui par rapport à hier est qu’en plus du jour sous lequel nous nous montrons lorsque nous rencontrons « les autres », nous avons aussi  à gérer notre « identité numérique ».

Mais en fait, c’est bien là toute la différence… Je n’aurais de cesse de le répéter, notre identité virtuelle n’est qu’une facette de notre personnalité… Oh combien il nous est facile de présenter en vitrine une version spirituelle, joyeuse et bien organisée de notre vie

Que ce soit au travers de Facebook, de Twitter ou de tout autre réseau social il nous est facile de ne montrer que ce que l’on veut bien dévoiler… Certains joueront [peut être trop] franc jeu en racontant tous leurs états d’âmes tandis que d’autres feront semblant que tout va pour le mieux… Au final, Internet est «comme une pièce de théâtre où l’on se fabrique un personnage».

Dans Alone Together, Sherry Turkle évoque la fatigue ressentie par ceux qui doivent sans cesse retoucher leur profil Facebook pour apparaître au maximum de la «coolitude», c’est «l’angoisse de l’impression», la théorie du livre étant que malgré ses promesses de connectivité sociale, la technologie nous isole davantage en faisant écran à une réelle intimité.

Malgré tout, j’aurais tendance à dire que la  technologie n’est pas la seule cause de cet isolement… Car si on peut se sentir seul devant son écran en se forgeant une image parfaite, il est encore plus insidieux de vouloir se montrer parfait dans la vie de tous les jours…

Avoir un rythme de vie effréné, donner l’impression aux autres d’avoir une vie passionnante… faire semblant que tout est parfait et qu’on est heureux ainsi… être tout le temps occupé pour tout simplement ne pas se retrouver seul avec soi même… et surtout ne pas réfléchir…

Parce qu’il est tellement plus facile de ne pas se poser de questions et de ne pas faire se poser de questions aux autres… ou peut être justement parce qu’on a pas trop envie que les autres se posent trop de questions sur nous… A l’heure du 2.0 où nous partageons [presque] tout avec tout le monde, peut-on encore faire le choix de se préserver et de garder son jardin secret?

Ne sommes nous désespérément plus que dans la démonstration du « J’ai une vie trop cool, je m’éclate trop, j’ai l’air bien plus heureux que toi » au final? J’ose espérer que non car personnellement, si j’ai une confession à faire, autant je peux donner l’impression d’être plus épanouie que jamais dans ma vie actuelle lorsque je sors avec mes amis…

…autant le décalage est d’autant plus dur lorsque je me retrouve seule avec moi même. On peut se persuader un temps qu’on a envie d’avoir une vie de décadence en perpétuel mouvement... mais on se rend vite compte qu’on aspire finalement qu’à une seule chose : un bonheur paisible.

Aujourd’hui je suis en flottement entre deux eaux, je suis à la fois la même et à la fois différente. Je me cherche et surtout je cherche le bonheur. Certains sont conscients de mon malaise, certains font semblant de croire que tout va bien… je ne peux en vouloir à personne car l’image que je donne moi même de ma personne est trouble…

Parfois heureuse et euphorique, parfois déprimée et malheureuse… peut importe ce qu’en pensent les autres au final, l’important est qu’un jour j’arrive à trouver ma route…

Et toi lecteur, quel rapport entretiens-tu avec les réseaux sociaux et tes amis? Plutôt du genre à tout confier ou à ne rien confier

Facebook, le réseau antisocial.

[Petit édit pour les amis et la famille] J’me suis peut être exprimée un peu bizarrement mais une chose est sûre, je passe toujours de bons moments avec vous, c’est juste l’effet boomerang qui est dur… Genre plus la soirée est géniale et plus le contre coup sera important sur le moral le lendemain… (qui a dit que j’étais compliquée?)

« »
  • Je pense que les gens qui te suivent un minimum sur le net te comprennent un peu plus profondément que la surface que tu laisses paraître va ;)
    Sinon perso ça dépend. J’ai tendance à tout garder pour moi pour ne pas inquiéter mon entourage, et je me confie quand j’en ressens le besoin à mes confidents, pas forcément mes plus proches amis ou ma famille, mais des gens qui savent me parler, qui ne vont pas me plaindre ou me dire des choses par gentillesse (la sincérité ne se trouve pas chez nos proches, qui ne sont pas du tout objectifs envers nous).
    D’ailleurs il y a une nuance entre confier et nier qui serait « dire la vérité sans en dire trop » en somme, ce que tu fais par exemple sur le net en général, ce que j’ai tendance à faire aussi IRL.
     
    Ensuite pour rebondir là dessus, je dirais que même quand je vais mal je m’arrange pour trouver mon bonheur ailleurs, ça fait quelques temps que je fonctionne comme ça. Le bonheur est accessible quelques soient les problèmes. Le plus difficile, c’est de s’en rendre compte, car le malheur pèse toujours plus lourd dans la balance, quel qu’il soit.
    Et puis au fond, la vie n’est qu’un équilibrage constant de cette balance. Le tout est de savoir rendre leur poids aux petits plaisirs que nous avons banalisés par habitude, et de ne pas chercher l’excès non plus. En tout cas c’est comme ça que je vois les choses.
     
    (Je suis parti loin en fait, j’ai hésité à laisser tout mais bon ça reste dans le sujet, j’espère ne pas trop m’en écarter ^^)

    • @Julien, Geekz TV J’aime cette philosophie « Le bonheur est accessible quelques soient les problèmes », tu as raison tout n’est que question d’équilibre au final… Après il faut juste prendre le temps de prendre son temps en fait… =)

  • En fait, faire croire aux autres qu’on est heureux, bizarrement, améliore réellement notre état. J’en avais parlé sur un de mes billets : http://www.feuillesdevelours.fr/?p=126 … Alors, oui, de mon côté, quelque soit mon état émotionnel, je montre une image enjouée sur les réseaux sociaux. Souvent parce que ça m’aide réellement à aller mieux.
    *hug*

    • @Lalex C’est justement ce que je me demande en ce moment: faut-il se montrer tout le enjoué envers et contre tout quite à ne pas laisser transparaître ce qui ne va pas? D’un côté je pense que comme tu le dis ça aide à aller mieux, mais d’un autre côté j’ai l’impression de porter un poids plus lourd sur les épaules à ne rien partager…

  • Ici j’ai plutôt tendance a être juste moi tout le temps!!! et ça veut dire des moments avec et des moments sans!!!
    Les réseaux sociaux, j’y trouve ce dont j’ai besoin, des échanges souvent enrichissants, je suis sur FB, Hellocoton et j’ai un blog…
    Je me permets de te conseiller un super bouquin:
    « L’éloge de l’optimisme » de Philippe Gabillet.
    Très belle journée à toi

    • @Maman Lulu Merci pour ce petit message ;-) j’vais essayer de trouver ce livre qui doit être assez instructif!

  • Pour moi la quête du bonheur est une quête perpétuelle. Quand je suis trop posée dans une étape de ma vie même si j’aurais tout pour être heureuse, je me sens en manque de quelque chose et j’ai tendance à passer d’un extrême à l’autre, comme tu l’explique. Parfois je me sens très bien, et le lendemain j’ai envie de pleurer toute la journée.
    Le point négatif que je pourrais reprocher aux réseaux sociaux, c’est qu’ils accentuent le poids du regard des autres qui (pour ma part) ne m’aide jamais quand je vais mal.

    • @Lunocre Le regard des autres et notre rapport avec lui, c’est bien le coeur du problème… c’est le problème des réseaux sociaux, on aimerait se montrer toujours sous son meilleur jour mais en même temps on a tellement envie d’être juste nous même, avec nos sautes d’humeur et cie… :-s

  • L’édit fait quand même un beau parallèle entre la vie sociale et la drogue dure :)

    • @Sim Lol, remarque les amis c’est un peu comme une drogue… quand on est avec eux c’est génial mais à trop abuser des sorties, on peut s’y brûler les ailes. C’est un peu ça au final, je suis en train de devenir accro aux sorties entre amis de peur de me retrouver seule… sauf que je vois bien que je pourrai pas tenir le rythme longtemps.

      Alors je fais quoi, une cure de désintox? Non les amis c’est comme le chocolat… on aime trop ça pour arrêter, faut juste en user avec modération! ;-)

  • Julie adore, point barre :)
    Je suis presque la même :) IRL j’ai pas toujours mon rouge à lèvres rouge , héhéhé

  • @The Green Geekette : idem le gros contre-coups, d’autant plus violent que la soirée était bonne.
    Et la solitude est d’autant plus sensible que des personnes sont accessibles. On peut aussi être seul sans ressentir cette sensation désagréable, mais il faut que ce soit voulu… Et on apprécie d’autant plus la compagnie après une phase de « retraite ».
    Pour revenir sur les réseau sociaux, j’utilise FB pour garder le contact avec des gens que je connais dans la réalité, les voir heureux me rends heureux aussi, un peu comme un exemple par la pratique que le bonheur est à portée de main. C’est aussi d’autant plus flagrant qu’il y a autant de voies vers ce bonheur que de personnes: un conjoint, un enfant, des voyages, des petits plaisirs au quotidien.
    J’exprime peu mes malaises, autant dans la réalité que sur le web. Je me fait juste un raison: un sale moment qui aura une fin quoi qu’il se passe, avec en plus une leçon à en tirer.

  • Je suis comme toi, après une super bonne soirée, le lendemain ça fait tout vide…

  • En général je me débrouille pour montrer les choses du meilleur jour possible ( sans mentir non plus, faut pas exagérer, parfois ne rien dire c’est aussi bien), que ce soit sur le net ou dans la vie de tous les jours. Il n’y a qu’avec mes amis que je me laisse aller à vraiment dire les choses. Heureusement j’en ai assez des amis proches avec qui je partage ce genre de relation. Mais il ne faut pas en abuser, il faut aussi savoir s’arrêter et faire le point seul avec soi-même.
    Courage, trouve ton équilibre. :)

  • […] temps aussi de s’interroger sur ce qui compte réellement, de tout remettre en question, de se demander comment être heureux et d’envoyer chier la St Valentin quand on est […]

  • Très intéressant ton article !
    Et j aime beaucoup cette citation de Montesquieu, que je découvre et que je trouve très vraie.
    Perso je déteste FB et compagnie, je n y ai trouvé aucune utilité, et les gens y sont plus que superficiels dessus.
    Des smiles ultrabrights, beaucoup de narcissisme ( je cherche pendant des heures ma plus belle photo de vacances, où j ai le meilleur profil pour la mettre sur mon mur),
    Et énormément de  » je m éclate trop sur la plage en ce moment pendant que vous , vous êtes au bureau  » ou  » je file au concert de machin trop génial » etc etc.
    Les gens ne profitent même pas de ce qu’ils vivent ( qui est sûrement génial), on dirait qu’il veulent à tout prix en mettre plein la vue aux autres.
    Il n ‘y a pas de partage en soi des expériences vécues.
    Bien sûr le but ce n’est pas de se montrer à faire la gueule, et à raconter ses états d’âme :)
    Mais je n’y sens que du « M’as tu vu ». 
    En plus pour passer autant d’heures sur son profil à changer la moindre info, ou à répondre au moindre mouvement, c’est que t as pas grand chose à faire dans ta vie à côté…
    Je m’excuse d’avance, je suis très critique vis à vis de ça, car je me suis rendue compte que ca rendait les gens idiots et au final très seuls.
    Tu dis que les gens très entourés n’ont pas envie d’être seuls avec eux mêmes. j étais d accord avec toi jusqu ‘il y a peu. En fait je trouve qu’à trop gamberger sur sa vie, on passe à côté de beaucoup de choses, on se compare aux autres ( qui ne sont pas forcément mieux lotis). Bref ça devient vite inutile.
    Je pense qu’on est plus heureux quand on arrête de trop réfléchir, qu’on vit ce qu’on a envie de vivre, qu’on se nourrit de petits bonheurs simples, qu’on s’occupe des autres, qu’on se mélange à eux, qu’on recherche leur compagnie, mais qu’on arrête de croire que ce qui se passe chez eux est mieux.

  • Les réseaux sociaux ne sont qu’un lieu de parade. Une autre façon d’exister, une manière plus détachée pour se faire aimer. Le regard des autres est devenu une obsession dans le monde actuel. Le paraître prend le dessus sur le rssenti, Faire semblant vaut mieux que de reconnaître ce qui nous définit vraiment.Il n’y a pas si longtemps, être seule avec moi-même me terrifiait énormément. Dans mon adolescence, je trouvais cela naturel et je me moquais bien de l’avis des autres. J’étais bien et c’est ce qui comptait. Malgré tout cela, j’ai finis par croire que je n’étais pas normale et par vouloir faire comme tout le monde. Cela a marché un temps et j’en suis arrivée à détester mon existence. J’enviais à en oublier ce que je souhaitais vraiment. Je me suis égarée. Cela a pris un moment avant que je retrouve mon équilibre et que je comprenne que mon bonheur n’était pas forcément celui des autres. Je m’apprécies bien mieux depuis et les petites choses simples de la vie font mon plus grand bonheur. 
      

Toi aussi laisse ton petit brin d'herbe...