Pourquoi voyager en auberge de jeunesse, c’est cool.

Si vous m’aviez parlé de voyager en auberge de jeunesse il y a encore 3/4 ans de cela, je vous aurais peut-être ri au nez. Je me souviens de mon premier voyage à l’étranger sans mes parents, à Amsterdam. J’avais à l’époque jeté un coup d’œil sur les avis des voyageurs sur les diverses auberges de jeunesse de la ville.

Il n’avait fallu qu’un seul commentaire sur la possible présence de rats pour carrément me refroidir et me laisser dans l’idée que les auberges de jeunesse, c’était crade, pas bien fréquenté… Bref, j’avais alors opté pour l’hôtel et n’avais plus vraiment envisagé cette possibilité. Du moins, jusqu’à l’année dernière.

C’est à dire jusqu’à avoir gagné l’édition 2013 du Big Blog Exchange, organisée par Hostelling International, qui est… un réseau d’auberge de jeunesse ! Vous m’auriez vue, je n’en menais pas large de savoir que j’allais pour la première fois voyager seule, dans un pays dont je ne parlais pas la langue, tout en séjournant justement en auberges de jeunesse !

Un an plus tard, après cette expérience marquante, je ne voyage plus exclusivement que dans des auberges de jeunesse partout où je vais, à l’exception de quand je me retrouve bien entendu dans un trou paumé où il n’y en a aucune… ˆˆ Vous hésitez encore? Alors voici 4 raisons de vous aussi poser vos bagages dans un hostel ! :)

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1 – C’est moins cher que l’hôtel !

Qu’on voyage au long terme ou seulement pour quelques jours, peu d’entre nous ont un budget extensible au point de cracher sur l’économie de quelques deniers… Quand il est parfois difficile de s’en sortir avec une chambre d’hôtel à moins de 100$, savoir qu’on peut trouver un lit en dortoir à partir de 25$, c’est cool.

Alors bien sûr des fois ce n’est pas toujours valable et on peut s’en tirer occasionnellement avec une chambre de motel pouilleux à 60$ - ce qui si on est 2, ne coûte pas plus cher – mais la plupart du temps, l’auberge de jeunesse est la solution la moins coûteuse, les prix dépendant bien entendu de l’endroit !

Je pourrais vous parler de ce soir sur la côte Ouest des USA, dans l’état de Washington, où après une occasion de couchsurfing ratée, je me retrouvais sans toit pour la nuit. (#fail) Alors que la mort dans l’âme, je tirais la tronche de devoir me résigner à prendre un chambre de motel à 100$ la nuit…

… quelle ne fut pas ma surprise de tomber par le plus grand hasard sur une auberge de jeunesse qui ne payait pas de mine au détour d’une route. J’aurais pu m’arrêter à l’aspect un peu hasardeux du proprio qui en semblait pas prendre une douche tous les jours, mais pour 12$ la nuit par personne, je ne me suis pas trop posée de questions… :)

En règle générale, les tarifs tournent quand même plutôt autour des 25$ à 40$ la nuit par personne, plus ou moins selon la capacité du dortoir qui peut aller de 4 lits à parfois une trentaine ! (pensez à vous renseignez-vous la dessus avant, des fois pour quelques dollars de plus ça vaut le coup d’être plus tranquille dans un dortoir plus petit)

De plus, si vous voyagez à deux, en couple ou alors si vous vous en foutez de dormir dans le même lit que votre pote, bien souvent ça ne coûte pas beaucoup plus cher d’avoir une chambre privée. L’avantage ? Dans ce cas vous pouvez laisser votre merdier étalé, pas besoin de ranger vos affaires dans un casier…

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2 – C’est plus convivial que l’hôtel !

Si vous avez déjà eu un hôtel où le réceptionniste passait avec vous plus d’une demie heure à vous expliquer en long et en large quoi faire dans la ville, je veux bien que vous me donniez l’adresse. Car ça n’arrive jamais… Les chambres dans des motels ou hôtels de chaîne impersonnels au possible, j’ai donné et je n’en veux plus.

Cette sensation de solitude dès la porte fermée, ce réflexe d’allumer la télévision dès le seuil de la passé pour essayer de mettre un peu d’ambiance à cette pièce morne, cette lumière blafarde dans la salle de bain où le PQ vous attend sagement en pointe avec un petit savon dans son emballage en plastique sur le comptoir, c’est pas mon truc.

Non, je préfère mille fois arriver sans une auberge où on se sent un peu comme dans une fourmilière, où les gens vont, viennent, se disent bonjour, s’interpellent, rigolent… J’aime qu’il y ait de la vie, tout simplement. Alors ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit, ça reste de la vie en communauté et tout n’est pas rose.

Parfois, comme à Vancouver tu te retrouves dans une salle commune bruyante au milieu de gens bourrés (je vous le donne dans le mille, des français pas discrets) et t’as qu’une envie, c’est de leur dire de la fermer parce que merde t’aimerais bien écrire ton journal de bord tranquille… (mais tu ne dis rien et mets juste ton baladeur sur tes oreilles)

D’autres fois l’auberge de jeunesse paraît juste dénuée de toute atmosphère, les gens passent mais ne s’arrêtent pas, personne ne semble lier de conversation ou même de contact humain… Mais pour ces quelques fois ratées, il y a toutes ces autres fois où tu te sens bien, pas à la maison non plus, mais bien, posée là.

Je crois que comme dans le bus où j’aime observer d’un œil distrait et discret les gens autour de moi, j’aime cette ambiance si particulière des auberges de jeunesse. J’aime cette spontanéité avec laquelle tu peux aborder quelqu’un : « Salut, tu viens d’où? T’es là pour longtemps toi? », chose que j’aurais bien du mal à faire ailleurs…

J’aime écouter les gens parler, me sentir baignée dans cette ambiance backpackers où tout le monde semble plus ou moins partager le même désir avide de voyage et de découvertes… J’ai parfois mal au coeur de partir si rapidement, de quitter ces gens que je venais à peine de connaître.

Comme ce séjour magique sur l’île de Vancouver, à Tofino où dans une minuscule auberge familiale, nous sommes peut-être les 3/4 de l’auberge à être partis ensemble pour une randonnée de 6h qui s’avéra épique (mais ça on en reparlera) et qui se termina par un retour mouvementé à l’arrière d’un 4×4… ;-)

Ou cette journée à la plage qui suivie, à s’amuser comme des gamins de 5 ans… A s’écabousser dans l’eau, à jouer au frisbee, à courir après les mouettes qui picorer nos lunchs pendant ce temps là, et puis à faire de l’accro yoga et à essayer de faire un headstand pour finalement se retrouver la tête pleine de sable…

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3 – C’est plus simple pour manger que l’hôtel !

A chaque fois que je me retrouve malgré moi dans un hôtel ou motel, c’est la même galère quand vient le moment du repas. Parce que bien souvent c’est grand luxe si y a un micro-onde et un mini frigo dans la chambre, alors il s’agit de faire preuve d’inventivité au moment de manger

A date, je pense que mon record en la matière restera le « délicieux » repas de nouilles chinoises déshydratées dégustées par un soir de Mai dans une chambre de motel avec pour seul équipement… une cafetière. En être rendue à passer 30 minutes à faire chauffer de l’eau pour 4 personnes avec cette dernière pour faire chauffer les pâtes, EPIC !

A contrario dans une auberge de jeunesse, il y a toujours une cuisine en libre service! Alors là encore, la qualité varie, des fois c’est un peu rock and roll car il faut batailler pour trouver un ustensile correct dans les tiroirs et c’est un casse tête digne de Tetris pour trouver une place pour ta bouffe dans le frigo commun…

Mais des fois, tu as aussi tout le confort moderne (ah mandieu, mon coeur bat quand je m’aperçois qu’il y a un blender qui va pouvoir me permettre de faire mon smoothie à la banane :P) et puis surtout, parfois l’étagère « free food » où les précédents backpackers ont abandonné leurs restes qu’ils ne pouvaient pas emmener recèle de surprises !

Parce que là encore, le budget bouffe est un élément non négligeable du voyage et que je ne sais pas pour vous, mais moi je ne peux pas vraiment me permettre de manger au resto tous les jours, pouvoir me cuisiner mon propre repas est définitivement un avantage certain ! (parce que les salades froides au bout de 6 mois, oui ça gave un peu ˆˆ)

Certaines auberges vont même jusqu’à offrir gratuitement des repas communs certains soirs, et le plus souvent le petit déjeuner est aussi fourni. Une fois de plus, des fois ça ne sera que des toast et du peanut butter / confiture, mais des fois ça sera carrément complet avec pancakes DIY, bagels, oeufs, salade de fruits…

A ce sujet, je crois que je rêve encore des gaufres maisons que le proprio de la petite auberge de jeunesse à Tofino nous faisait tous les matins… :) Souvent aussi le café et le thé sont fournis. (c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup…) (non j’ai pas DU TOUT la chanson dans la tête) ˆˆ

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4 – On se sent moins seul, tout simplement. :)

Une de mes conclusions de l’année passée après mon séjour brésilien était aussi simple que ça : « voyager seul ne veut pas forcément dire connaître la solitude ». Au contraire, moi même j’ai plus tendance à aller adresser la parole aux gens seuls qu’à ceux en groupe, et je n’hésite jamais à proposer à quelqu’un de se joindre à moi !

Et l’auberge de jeunesse c’est le lieu parfait pour ça. Des fois il y a carrément des activités organisées par l’auberge auxquelles on peut se joindre gratuitement. Des fois, on a une voiture et on se dit que c’est un peu gâcher de ne pas la remplir alors on propose un lift à cette allemande et ces 2 québécoises dans les Rocheuses canadiennes.

On se retrouve à randonner avec des inconnus ce qui est drôlement plus le fun, et puis on a le karma écologique en paix. :) D’autres fois, on passe la soirée à ramasser des fleurs pour faire des leis et on découvre les smores au peanut butter en refaisant le monde et surtout en prévoyant de s’enfuir à plusieurs de cet endroit qui ne nous convient pas…

On parle anglais avec tout le monde, non pas parce qu’on est aux USA mais surtout parce que mine de rien c’est la langue internationale… Les premières semaines on a toujours cette réticence à faire des fautes, puis au fur et à mesure on se dit qu’on s’en fout, on veut juste se comprendre après tout.

On rigole d’avoir appris l’allemand pendant 7 ans et ne finalement pas en comprendre un traître mot et de devoir parler anglais à l’autre bout du monde avec quelqu’un qui habitait à côté de notre pays. On raconte son histoire, son voyage, on entend parler de tel endroit, on se dit oh chouette faut que j’y aille moi aussi, on change ses plans…

Au moment de se séparer, on échange son adresse mail, son Facebook, on promet à la lune de se revoir dans 6 mois, un an lorsqu’on sera rentrés en Europe. Oui bien sûr, t’es bienvenu de venir en France quand tu veux, on est potes maintenant. Mais ouais, c’est clair que je vais venir te voir en Suisse, j’y suis jamais allée c’est l’occase…

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5 – Mais tout n’est pas parfait !

Je me répète peut-être, mais ne l’oublions pas, poser ses sacs dans une auberge de jeunesse, c’est avant tout décider de vivre en communauté. C’est à dire avec ceux qui ne font jamais la vaisselle et laissent leur assiette et couverts sales dans l’évier, avec ceux qui monopolisent la salle de bain ou les chiottes plus longtemps que de raisonnable…

Mais aussi ceux qui te donnent l’impression qu’ils vont finir par cracher leur poumons au milieu du dortoir (true story, une fois un mec toussait tellement fort que malgré les bouchons d’oreilles j’ai failli le tuer moi même) (d’ailleurs une fille du dortoir excédée a juste pris son matelas, et sortie, allant je ne sais pas où…)

La vie en communauté c’est aussi ne pas laisser traîner ses affaires comme à la maison, devoir ranger ses objets de valeur dans un casier parce que tout le monde est gentil, on a beau pas être au pays des bisounours et on sait jamais, un smart phone laissé sans surveillance c’est toujours tentant…

Je sais que certains ne sont pas prêts à faire ce genre de concessions, d’ailleurs pas plus tard que la semaine dernière j’ai encore rencontrée une française lors d’une visite qui me soutenait que c’était juste pas possible pour elle de ne pas avoir sa salle de bain perso… Mwouarf, peut-être que j’ai des critères de confort un peu moins élevés lol ! ˆˆ

Limite je trouve plus important le fait que certaines auberges donne accès à des ordinateurs avec connexion internet et imprimante en libre service plutôt que d’avoir ma douche perso… ˆˆ Toujours est-il que j’ai trouvé ma manière de voyager, et sincèrement je ne voyagerai plus autrement qu’en auberge de jeunesse pour un bout de temps je pense!

J’en profite pour vous signaler que le Big Blog Exchange 2014 commence dans quelques jours. Cette année je ne fais pas partie de l’aventure, mais je suis d’un œil un peu nostalgique les 16 blogueurs chanceux qui vont échanger de vie pendant 10 jours, et notamment la représentante française Lucie, qui se rend aux USA! :)

Et toi, as tu pour habitude de voyager en auberge de jeunesse? 

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  • Ton article résume très bien la vie en auberge de jeunesse :) j’y suis allée pour la première fois cet été à Barcelone et j’ai adoré !

    • @Maitresse Décolle il devait y avoir une super ambiance à Barcelone j’imagine!

  • Pour mon voyage à NY il y a 2 ans, on avait réservé dans une auberge et j’avoue que j’étais pas chaude. En fait, énrome bonne surprise, même les moins chères sont ultra clean (ma grosse peur) donc je recommande aussi!! Bisou

    • @woodybeauty eh oui, une fois qu’on a dépassé ses appréhensions, on se rend compte que il n’y avait vraiment pas grand chose à craindre!

  • J’avoue avoir un avis également partagé sur les auberges de jeunesse… Lors de mon voyage à Hawaii en 2013, j’ai fait hôtels et auberges de jeunesse et j’ai eu des bonnes et moyennes expériences. J’aime aussi avoir un certain confort en fait, mais le prix est attractif contrairement à l’hôtel. Disons que je pars du principe que parfois il faut se faire plaisir et aller à l’hôtel. Parfois question budget et rencontre, l’auberge est bien mieux. Pour mon prochain voyage, je risque de faire les deux à nouveau, on verra :).

    • @alexterieur j’avoue que je n’ai vraiment fait que quelques nuits à l’hôtel pendant 6 mois (aller ça doit se compter sur les doigts de mes mains) car le confort n’est pas mon premier critère, mais oui des fois y a quand même des auberges plus craignos que d’autres!

Toi aussi laisse ton petit brin d'herbe...