Ma vie à Grenoble : bilan de mes 6 premiers mois sédentaires

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Voilà déjà 6 mois que j’ai posé mes valises à Grenoble. Quelques mois qui me paraissent à la fois peu et beaucoup. Car si d’un côté cela pu sembler énorme au regard de celle que je fus et qui n’avait pas connu la sédentarité choisie depuis bien longtemps, j’ai parfois le sentiment que cette période de ma vie s’envola à la vitesse de l’éclair sans même que je n’eu le temps de m’en apercevoir. Le temps de faire un premier bilan !

M’engager pour un monde meilleur

Si j’ai choisi de moins voyager, c’est d’une part pour être plus en adéquation avec mes valeurs : ne plus prendre l’avion, dans le but de diminuer l’impact carbone de mes voyages. Mais c’est également pour avoir la chance de développer au quotidien des habitudes qui me tiennent à cœur que j’ai choisi de me concentrer ici.

Parmi celles-ci, j’ai désormais maintenant beaucoup plus le réflexe de me rendre au marché faire de la récupération d’invendus qu’au supermarché pour faire mes courses. Un acte militant qui a pour but de lutter contre le gaspillage alimentaire. J’ai même commencé depuis peu à faire du glanage dans les poubelles des grandes surfaces alimentaires dans un collectif qui se nomme “La Fratrie des glaneurs solidaires”.

Cela fait encore peu de temps que je suis à Grenoble, et je sais que nombre d’initiatives engagées me restent à découvrir, mais j’ai réellement envie de développer mon réseau. J’ai notamment en tête prochainement de potentiellement faire un peu de bénévolat dans des lieux alternatifs comme le Squat 38 ou Cap Berriat, où se rassemblent nombre de personnes aux valeurs similaires aux miennes.

L’économie collaborative et circulaire est aujourd’hui devenue un mantra pour moi. Que ce soit pour l’alimentation comme expliqué ci-dessus, les fringues que je troque au lieu d’acheter neuves (les événements “File tes fringues” sont un rendez-vous incontournable à Grenoble), ou le troc de services que je vais bientôt commencer avec des amis, c’est à présent tout un mode de vie que je m’efforce de vouloir cohérent.

A la croisée du nomadisme et de la sédentarité

Force est de constater qu’en dépit du choix de devenir en grande partie sédentaire, le fait d’avoir signé un bail ne m’a pas réellement obligée à rester chez moi tout du long des derniers mois. Si j’ai au départ ressenti comme une sorte de culpabilité, due au fait de me questionner sur la nécessité d’avoir un “chez-moi” si je n’y étais pas un minimum, j’ai rapidement fait la paix avec cette transgression de ma sédentarité.

Ainsi, il m’arrive régulièrement de m’absenter de chez moi, pour des durées allant d’un week-end dans le cadre d’un festival de danse, à 10 jours lorsque je visite une personne chère à mon cœur à l’autre bout de la France, voir plus comme cet été où j’ai été absente pendant plus d’un mois à l’occasion de mon périple en voilier trois mâts sur les côtes suédoises.

Dans l’avenir, si j’espère qu’une de mes plus grandes raisons de me déplacer se rapprochera bientôt géographiquement de moi, je sais que j’aurai encore de nombreuses occasions de quitter mon domicile. C’est pourquoi j’envisage de faire appel à une conciergerie de location courte durée qui s’occupe de tout en l’absence du propriétaire, de la création de l’annonce à l’accueil des invités qui est souvent le point épineux lorsqu’on est justement absent !

Là encore, il s’agit pour moi d’encourager l’économie collaborative, tout en ayant le net avantage de pouvoir arrondir les fins de mois car j’en parlerais plus loin, mais s’il y a bien une chose qui me faisait peur avant de m’installer, c’était d’assumer la charge financière d’un logement ! Heureusement louer mon logement en mon absence est une solution idéale, d’autant plus que je peux rester conforme à mes valeurs en optant pour un ménage Airbnb écologique.

Retrouver la forme grâce au sport

C’était là un de mes objectifs premiers, au travers de la sédentarité j’étais avant tout en recherche d’une stabilité qui me permette de pratiquer régulièrement des activités sportives. Si les premiers mois ont été chaotiques car ponctués de beaucoup de périodes d’absences (comme déjà expliqué plus haut), j’ai depuis deux mois réellement pris l’habitude de ma routine sportive.

Si j’ai au départ énormément pratiqué d’acroyoga, notamment à cause de la praticité des jams sans inscription, j’ai depuis pris goût de manière “irréversible” à l’escalade ! De totale débutante, j’ai réussi en un mois seulement à apprendre à monter en tête, et à passer jusqu’à des voies de niveau 6B en moulinette (je vous rassure, cet exploit n’est pour l’instant arrivé qu’une fois, j’ai présentement plus un niveau 5C / 6A).

Passionnée de danse, je cherchais également un nouveau défi dans ce domaine, et c’est vers la danse Tribal Fusion que je me suis tournée. Une discipline très technique qui, inspirée de la danse orientale, permet d’apprendre à maîtriser de nombreuses insolations à différents endroits du corps. Bientôt, la danse du ventre n’aura plus de secrets pour moi !

Ajoutons à cela que j’ai redécouvert le plaisir de la randonnée en bonne compagnie cet été, avec le bonheur de bivouaquer au sommet du plus haut sommet du Vercors, et il est facile de comprendre que j’ai trouvé ici un réel équilibre. Équilibre qui à ma grande satisfaction, s’est traduit par une perte de mes petits kilos superflus avec un corps plus élancé et une belle progression sportive ! (je me suis même remise à la course à pied, c’est dire ^^)

Encore changer de métier !

Une chose est sûre, peu de gens restent impassibles à l’annonce de l’ampleur de mon CV. Il faut dire que je multiplie les casquettes ces dernières années, et cette dynamique n’a pas changé depuis mon arrivée à Grenoble où j’ai donné à ma carrière un grand tournant vers l’animation ! (être dans un métier humain est très important pour moi aujourd’hui)

En effet, alors que j’avais commencé en début d’année à donner des ateliers de programmation informatique pour les enfants et adolescents à Paris aux vacances scolaires, je fais désormais la même chose à Grenoble. Et si dans quelques mois je devrais commencer à faire mes premières classes découvertes, je travaille également en parallèle en animation événementielle sur des journées de team-building en entreprise.

A côté de cela, ma dernière visite au salon des blogueurs m’a permis de décrocher un joli contrat de rédaction web qui m’a octroyé une très agréable sérénité sur mes revenus de cette année. Contrat qui m’a là encore “obligée” à partir de Grenoble le temps de réaliser la mission, mais que je n’ai pas tant vécu comme une contrainte car la série d’articles concernés étaient vraiment en adéquation avec mes valeurs.

Malgré le fait que ce soit la première fois que je gère de front commun le fait d’être freelance et d’avoir les frais fixes liés à un logement, je peux maintenant dire que je ne regrette pas d’avoir outrepassé mon angoisse financière il y a quelques mois ! Et même si elle revient me chatouiller de temps en temps, j’essaye de ne pas trop y prêter attention et de me concentrer sur les ressources que je sais avoir en moi.

Partager le quotidien avec les copains

Enfin, dernier point non négligeable, pourquoi Grenoble spécifiquement ? 6 mois après ce choix, je ne le regrette pas, car si la ville correspond en tout point à mes attentes, c’est surtout le facteur social qui a joué un énorme rôle, puisque la quasi totalité de ma bande de potes sont venus s’installer ici en quelques mois !

Que ce soit les sorties escalades, les soirées jeux de société ou musique (je fais parti d’un duo de chant folk à danser désormais), les rendez-vous de danse folk et les sessions irlandaises, mon emploi du temps est désormais bien rempli et partagé avec des personnes chères à mon cœur, que j’ai pu me réjouir d’avoir en grand nombre présentes à mon dernier anniversaire en septembre dernier, tous réunis que nous étions autour d’un bon petit repas.

Les nomades ne créent rien et les sédentaires sont trop sages. Pour une grande œuvre, il faut un aventurier qui reste à la maison.

L’esprit de perfection – Georges Roditi

2 Commentaires

  1. Cet article me réconcilie avec Grenoble . A part quelques amis d’un groupe reggae grenoblois que j’aime bien , je trouvais , selon les médias , cette ville incertaine malgré un environnement sympa .
    Bon courage pour la relation à distance 🙂 ( mais qu’est-ce qu’elles ont toutes à choisir le compliqué 😀 )
    Jérôme

  2. Ahh c’est troop cool de frétillements en moi !

    A te lire, non seulement ça fait germer (et soutient) de nouveaux trucs en moi mais j’ai pas fini l’article que j’en ai déjà 2 autres ouverts et avec tout pleins d’impatience !

    Puis bon, Grenoble quoi ❤

    Mais surtout, toujours pleins de trucs de ce que tu partages qui me font complétement écho.

    Un de mes caps, c’est de me créer une vie où je mêlerai mon propre truc freelance (et différents projets), un mode de vie à la fois nomade et sédentaire. Les pas que je pose aujourd’hui vont dans le sens de développer mon autonomie pour réaliser ces belles aventures là. *impatient*

    Et en quelque sorte, j’trouve que ton article fait écho à la sortie de ces “oppositions” communes et va dans le sens d’une réconciliation des possibles, vécu dans le réel (la citation à la fin rouh)..

    Bref j’ai du mal à linéariser toutes ces pépites dans ma tête là mais ça fuse mdr, alors merci !

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