2014 en 36 photos Instagram.

2

2014, c’est un peu cette enfant insouciante que tu regardes s’éloigner au loin avec nostalgie. Cette petite fille aux yeux rieurs et aux cheveux bouclés qui s’enfuit en courant vers l’horizon. Celle la même que tu aimerais bien rattraper, prendre doucement par la main, passer encore un peu de temps avec elle, avant de la laisser prendre son envol, pour de bon…

2014 devait commencer pour moi dans la plus totale insouciante, par un bain de mer dans la Méditerranée un 1er Janvier. Avec le recul, je crois que c’était peut-être là le signe, la direction que devait prendre cette année pour moi. Beaucoup d’émotions, de la spontanéité et de belles rencontres, voilà ce que devait me réserver 2014.

Soyons honnêtes, je n’étais pas fâchée de tirer un trait sur 2013, une année en dents de scie marquée notamment par mes 2 hospitalisations, celle de mon père, mais aussi par un fabuleux voyage inattendu au Brésil. Alors, pour 2014, je ne souhaitais qu’une chose, avoir la santé et le courage de vivre ma vie telle que je l’entendais.

Que dire de ces 3 mois hivernaux à Montréal qui se sont envolés à la vitesse de l’éclair ? Un dernier projet professionnel à relever avant de partir d’une job pour laquelle je n’arrivais plus à trouver la motivation de me lever, une course dans la neige un peu folle, un dernier week-end en chalet entre amis, un déménagement compliqué et la préparation de mon départ…

Des problèmes de santé qui viennent aussi un peu tout remettre en cause. La peur de ne pas être capable de les gérer, cette crainte et cette culpabilité d’être moi-même la cause de tout ça. Une des rares décisions impulsives de ma vie en décidant complètement à la dernière minute de partir seule pour Chicago en bus sur seulement le temps d’un week-end.

Une des premières marques je crois, de ce besoin constant de me prouver, autant à moi qu’aux autres, que j’en étais capable. Capable de croire en moi, en mes capacités, capable de me lancer sans peur vers l’inconnu, capable d’affronter la tête haute un avenir incertain sans vouloir toujours tout prévoir et calculer, capable d’apprendre à lâcher prise et à me faire confiance parfois…

bilan-2014_01

Les 3 mois suivants devaient s’enchaîner sans me laisser le temps de prendre réellement conscience de ce dans quoi je venais de m’embarquer. Je devais quitter ma chère Montréal sans vraiment m’en rendre compte, me tester sur un premier voyage entre amis dans les Maritimes avant de partir « pour de bon » vers l’Ouest.

La moitié de l’année s’était déjà écoulée que j’étais rendue en Alaska, où je n’aurais encore jamais pensé me rendre quelques mois plus tôt… Peu à peu, j’ai appris à faire le deuil de ce « voyage parfait » dont j’avais si longtemps fantasmé. J’ai comprisun peu à la dure certes – qu’il était difficile de tout vouloir contrôler, et que c’était aussi là le charme du voyage.

Ce que je ne savais pas encore à l’époque, c’est combien accepter de laisser aller les choses ainsi, de faire confiance aux événements pour arriver si ils le doivent, combien cette philosophie de vie allait de plus en plus devenir la mienne. A vrai dire, je pense que c’est seulement maintenant, près de 2 mois après être « rentrée » que je commence à en prendre conscience.

J’ai eu beau essayer de prendre du recul pendant ces 6 mois de voyage, je crois qu’il me fallait retrouver un semblant de quotidien pour saisir l’essence même de cet infime changement qui était en train de s’opérer en moi. Car quoi qu’on en dise, on ne revient jamais vraiment indemne d’un tel voyage au long cours.

Je ne peux pas dire que les 3 mois de voyage suivants soient vraiment passés plus ou moins vite que les premiers. C’est comme quand on me demande quel endroit j’ai préféré, je suis bien incapable de n’en citer qu’un seul, tellement tout était juste… différent. Pas mieux, pas moins bien, différents et ayant chacun leur place dans ce voyage.

Un festival complètement fou qui devait me faire battre le cœur comme jamais en Oregon, un mois complet avec mes parents à la découverte de l’Ouest américain, prétextes à des retrouvailles tendues qui devaient me faire prendre conscience une fois de plus que non je ne voulais pas les voir ainsi juste une fois par an

bilan-2014_02

Puis le « déclic » en arrivant à Hawaii, cette prise de conscience que j’avais finalement encore beaucoup trop d’idées préconçues sur ce que je pensais être la bonne façon de voyager. La décision à la fois difficile et pourtant si simple à prendre de me laisser porter par le flot des événements, de ne plus rien réserver d’avance, d’abandonner les « to do lists », bref d’improviser.

J’ai vécu deux semaines d’aventures à l’état pur en road-trip, du genre où tu décides la veille pour le lendemain, pis j’ai capoté. J’ai fait la paix avec moi-même, j’ai appris à écouter cette petite voix qui criait parfois si fort à l’intérieur de moi. Je l’ai laissé sortir, s’exprimer, je n’ai plus cherché à la faire taire mais au contraire je l’ai écouté et j’ai appris à vivre avec…

J’ai pris conscience que c’était pas grave si tout ne se déroulait pas comme prévu, que j’avais le droit de rentrer à Montréal plutôt que d’aller en Floride si c’était ce dont j’avais envie là maintenant. Qu’il n’y a aucune honte à changer d’avis, une fois, deux fois, plus s’il le faut. Car ma vie n’appartient qu’à moi, et à moi seule.

Étrangement, je suis rentrée à Montréal pour me rendre compte que ce qui m’avait tant manqué pendant 6 mois n’existait malheureusement plus. Moins pas parce que j’avais idéalisé une chimère qui s’est finalement envolée, que parce que moi, au fond j’avais changé. Ou du moins, mon degré de tolérance et d’ouverture avaient drastiquement évolué je crois…

Après 6 mois à rencontrer des gens d’horizons si divers, à côtoyer des personnalités si différentes de la mienne, à faire des rencontres incroyables, généreuses et inattendues au hasard de mes pérégrinations, je crois que je me suis littéralement ouverte au monde. Quel contraste quand je repense à cette petite fille timide que j’étais et qui n’osait parler à personne…

Aujourd’hui, je me suis transformée, et même si je ne sais pas encore si je peux me qualifier d’extravertie, je pense être devenue cette fille qui n’a plus peur d’aller aborder un(e) inconnu(e) pour faire connaissance. Ce qui me semblait normal et nécessaire en voyage, s’est finalement retranscrit dans ma vie de tous les jours…

bilan-2014_03

Je crois d’ailleurs que l’exemple le plus criant de ce changement qui s’est opéré est le nombre d’amis québécois que j’ai désormais dans mon entourage… Alors qu’avant je dois concéder que je n’avais principalement que des amis français, je n’arrive pas à me départir de cette impression que depuis mon retour, ma façon d’appréhender ma vie montréalaise est totalement différente.

Peut-être que de voyager si longtemps et de rencontrer autant de personnes de diverses nationalités m’aura aidé à faire un grand pas dans la communication interculturelle ? Car ce n’est pas pour lancer la pierre à aucun expat’ français, mais avouons le que généralement nous restons à Montréal très souvent emprisonnés dans nos cercles « franco-français »

Par facilité, parce qu’on a les mêmes références, il est si facile de se trouver de fausses excuses. Alors pourquoi est-ce seulement aujourd’hui, 3 mois avant de partir « pour de bon » que je rencontre autant de belles personnes ? J’avoue par moments avoir le cœur brisé d’avance de me dire que ces amitiés sont vouées à une prochaine « fin » inexorable…

Pour autant, j’ai envie de les vivre à fond ces derniers mois, de profiter sans me prendre la tête et c’est pourquoi la meilleure résolution de 2015 que j’ai déjà prise, est de laisser sortir de ma vie tout ce qui est toxique… Ces personnes qui vous jugent sans chercher à vous comprendre, je n’ai tout simplement pas de place pour elles dans ma vie.

Je me suis sentie pendant un temps obligée de croire que j’avais vraiment envie d’aller dans le Yukon, pour finalement écouter mon cœur et faire le choix improbable de rester passer l’hiver à Montréal plutôt que de déjà repartir sur la route. Une bonne excuse pour vivre intensément les dernières semaines de ma vie canadienne…

Partir non sans regrets aucun, mais du moins sans remords, en ayant le sentiment d’avoir vécu pleinement ce que j’avais à vivre, d’avoir profité de ces derniers instants volés avec ces personnes que chaque jour j’apprends à connaître et apprécier un peu plus. Vivre, tout simplement, ne pas me poser de questions sur l’avenir, avant de sauter vers 2015 l’inconnue, et ses nouvelles aventures !

bilan-2014_04

Voilà, c’était mon petit bilan de 2014, inspiré par ceux des blogo-copines Camille, Elodie et Lucie (dont il faudrait que je fasse un article dans le même genre sur mes meilleurs et pires moments de voyage ^^). D’ailleurs, je me disais, et si pour une fois toi lecteur, tu m’en disais un peu plus sur toi, sur ce que 2014 a été pour toi et tes aspirations pour 2015 ?

Alors, tu me racontes?

2 Commentaires

  1. Hâte de voir ton article des pires et meilleurs moments de voyage 2014! Je suis comme toi, j’ai appris qu’on peut changer d’avis, même si c’est un rêve qui date de longue date.
    J’ai aussi appris que parfois on fantasme un lieu et quand on y retourne, ce n’est plus vraiment cela… hein, Londres?
    A très vite!

    • @Lucie A. promis, va falloir que je le sorte cet article parce que sinon bientôt ça sera une compilation 2014 / 2015 ! ^^

Laisser un commentaire