De digital nomad à sédentaire : pourquoi j’ai choisi de m’installer à Grenoble ?

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Quand j’ai décidé de tout lâcher de ma vie à Montréal il y a 5 ans, je ne rêvais à l’époque que d’une vie de voyage et de bohème. Puis les premiers mois passés, l’évidence de continuer ce périple et pour cela de gagner ma vie en voyageant et d’être géographiquement libre s’est imposée peu à peu. C’est notamment grâce à ce blog que j’ai ainsi continué de vivre dans mon sac à dos, sans habiter nul part, telle une vraie “nomade digitale”.

Des réflexions sur le nomadisme d’ailleurs, j’en avais eu pas mal bien avant de me poser pour de bon. Un sentiment de mal-aise grandissant en voyage, une dissonance cognitive de plus en plus présente, l’envie d’avancer sur certains projets qui s’avéraient incompatibles avec le nomadisme, autant de raisons pour décider de poser à nouveau mes valises quelque part, et pas juste pour une semaine !

La première étape fut ceci dit de me louer une chambre à Porto pendant un mois en janvier dernier, la première fois depuis longtemps que j’avais une chambre rien qu’à moi ailleurs que chez mes parents. Alors oui bien sûr, il y a eu cette année scolaire posée à Blois il y a deux ans de cela pour reprendre mes études – mais je n’en garde pas le meilleur souvenir qui soit – et surtout cela commençait déjà à bien remonter. Je commençais à cruellement ressentir un besoin de stabilité afin de me recentrer.

Un mois, c’est court, et pourtant j’ai vu le changement dans mon mode de vie ! J’ai compris que le bonheur n’était aujourd’hui pour moi plus du tout synonyme d’arpenter sans but précis les chemins qui se présentaient à moi, mais au contraire de concentrer mon énergie là où j’en avais vraiment envie. La stabilité de ce chez-moi temporaire me permit de suivre sereinement des cours de portugais pendant tout le mois, et de danser le forró plusieurs fois par semaine !

Devenir Digital Nomad : travailler partout
et notamment de chez soi !

Devenir digital nomad, c’est faire le choix de travailler à distance. Pas de contrainte géographique, pas de contrainte de temps, c’est l’un des gros avantages du nomadisme digital ! L’envers du décors par contre, c’est que peu importe où on est, il est souvent primordial d’avoir une bonne connexion internet. Pendant des années, j’ai blogué d’un peu n’importe où, depuis des halls d’auberges de jeunesse, depuis des bus ou des avions…

Mais ces derniers temps, j’avais du mal à trouver un cadre qui me convienne. Etre tout le temps sur la route, sans savoir réellement d’avance quelles conditions de travail j’allais trouver, devenait de plus en plus pesant. Aujourd’hui, je redécouvre le plaisir d’avoir une routine pour le travail, de pouvoir laisser traîner mon ordinateur sur le bureau, de bosser sur la table de la cuisine au milieu de mes colocs qui papotent ou alors grand luxe, de me poser au soleil sur la terrasse ! (le bonheur d’habiter en maison plutôt qu’en appartement)

Alors qu’avant je culpabilisais souvent de ne pas vivre dans l’instant présent car j’avais toujours une charge mentale présente “à cause” du blog, j’ai aujourd’hui réussi à trouver un vrai équilibre. Bien que pas forcément toujours régulière à écrire ici (et que dire de mon Instagram qui est à l’abandon depuis 6 mois…) je conserve la casquette de blogueuse professionnelle auxquelles se sont rajoutées de nombreuses autres depuis…

En effet, si je n’ai pas utilisé mon diplôme de coach sportif depuis que j’ai du quitter mon job en salle de sport il y a deux ans à cause d’une blessure, j’ai depuis quelques mois trouvé une nouvelle façon d’employer ces compétences en travaillant désormais aux vacances scolaires en tant qu’animatrice d’ateliers de programmation informatique pour les enfants et adolescents. Une nouvelle corde à l’arc de ma multipotentialité. 😉

Pourquoi Grenoble ?
Pour se déplacer à vélo en ville et s’impliquer
dans des initiatives locales vertes 🙂

Etant d’origine tourangelle, on me demande souvent “Mais pourquoi Grenoble ?”. Un choix qui intrigue apparemment, car on m’a même déjà demandé “Mais pourquoi choisis-tu le Chicago français pour aller t’installer ?” c’est dire les clichés qui peuvent aujourd’hui circuler sur cette ville qui présente selon moi pourtant tant d’intérêts… Et en premier lieu, l’avantage que j’y connaisse déjà beaucoup de monde. 😉

J’avoue, le fait de savoir que j’arrivais en terrain connu, dans une ville dans laquelle j’étais souvent venue les quatre dernières années et notamment beaucoup ces derniers mois a forcément influencé mon choix. Mais pas que ! Car ce qui me plait à Grenoble va bien au delà des personnes chères à mon cœur qui y vivent, ce qui me parle ici, c’est l’énergie de la ville qui n’a pas son pareil !

C’est simple, j’ai l’impression à Grenoble de sans cesse rencontrer des personnes qui me ressemblent, aux valeurs similaires, notamment en ce qui concerne l’écologie. Le maire de la ville étant un “vert”, je pense que la politique locale s’en ressent fortement et j’apprécie de voir qu’un peu partout en ville fleurissent des initiatives zéro déchets, autour de l’économie circulaire et de l’écologie.

Ici tout le monde se déplace à vélo ! Mention spéciale aux tarifs imbattables de MétroVélo qui rend la mobilité douce accessible à tous et à l’atelier de réparation de vélos collaboratif “Un p’tit vélo dans la tête” où j’ai acheté un vélo d’occasion à 25€ avec l’objectif d’apprendre moi même comment le retaper ! ^^ Affaire à suivre le mois prochain pour voir si j’ai relevé ou non le défi aidée par les bénévoles de l’association…

Habiter à Grenoble : ville sportive
et proche de la nature !

Enfin, dernier critère de choix expliquant pourquoi j’ai jeté mon dévolu sur Grenoble : je crois avoir rarement vu une ville aussi sportive ! (à part peut-être Montréal ^^) Ici, j’ai l’impression que tout le monde pratique au moins un sport de plein air, et en particulier l’escalade ! Autant dire que je n’ai pas mis longtemps à investir dans mon propre baudrier et mes chaussons d’escalade à moi. (achetés d’occasion il va sans dire ^^)

Il faut dire que la région se prête tout particulièrement à ce genre de pratiques proches de la nature. Par exemple, la première randonnée est accessible en littéralement 5 minutes  de vélo de chez moi… Qui après 20 bonnes minutes de montée, mène à un spot d’escalade sur falaise absolument majestueux ! Moi qui n’avais jusqu’à lors fait de l’escalade en extérieur qu’une seule fois en Aveyron, je suis gâtée.

Soyons honnête, je ne suis pas encore tout à fait rassurée et j’ai pour l’instant encore besoin qu’un.e ami.e monte la corde en moulinette avant que je ne passe car je ne suis pas assez confortable pour monter en tête en extérieur… mais quelle récompense lorsqu’on arrive en haut d’une voie et qu’on peut observer cette vue majestueuse sur le massif du Vercors !

Entre les jams d’acroyoga qui ont lieu plusieurs fois par semaine à Grenoble et les possibilités infinies de randonnées aux alentours dans la région, sans parler de la proximité du Diois pour aller souvent danser le folk, je me réjouis vraiment des belles découvertes à venir dans les prochains mois ! J’en viendrai presque à ne plus vraiment avoir envie de voyager pour être tout à fait honnête…

Prêts à me suivre dans cette nouvelle aventure grenobloise ?

7 Commentaires

  1. Plus envie de bouger ?
    Je ne sais pas 🙂 J’ai toujours partagé ma vie et mon travail entre la mer ( Charente maritime ) et la Haute Savoie . Bien que je concentre maintenant mon travail été hiver en Haute Savoie , le besoin se fait ressentir dès avril à revoir l’océan pour le printemps et le fuir à nouveau quand les hordes de touristes arrivent pour juillet .

    • Ce n’est pas un choix de vie trop difficile d’être partagé entre deux régions ? Même si c’est chouette j’avoue d’avoir à la fois la mer et la montagne. Quel travail fais-tu à la mer ?

  2. En montagne , c’est différent . On a aussi de l’eau avec les lacs magnifiques (Léman ou plus petits comme les mines d’or ou le Lac de Montriond ) . Ceci dit l’été , les touristes aussi sont là mais l’esprit est différent du bord de mer . Pas de circulation infernale pour sortir des îles et un contact nature et sport plus paisible . 🙂 . Voilà . Jérôme

    • Oui j’adore le côté nature de la montagne, je trouve qu’on a plus d’apaisement qu’à la mer ! 🙂

    • Non ce n’est pas la raison qui m’a poussée à me poser, mais plutôt une grosse accumulation de fatigue émotionnelle et physique, enfin j’en reparlerai peut-être plus tard ! Par contre, je suis effectivement bien évidemment très sensible au mouvement “flight shame” et j’ai un article en brouillon à ce sujet d’ailleurs…

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