Écotourisme à l’île Maurice : le tourisme responsable au-delà des plages de sable paradisiaques…

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De l’île aux Aigrettes à Blue Bay, en passant par l’île d’Ambre, l‘île Maurice possède une végétation et une faune endémiques remarquables qu’il est possible de découvrir lors d’un séjour écotouristique dans les îles Vanille. Le tourisme responsable est aujourd’hui une nécessité pour préserver l’environnement et heureusement nombre d’activités permettent de découvrir ces paysages de carte postale sans les dénaturer !

De nos jours, 98% de la forêt primaire de l’île Maurice a disparu, coupée au profit des champs de canne à sucre et de la construction d’hôtels les pieds dans le sable pendant de nombreuses années. Entre la déforestation de ces territoires originellement recouverts de mangrove, l’emploi massif de pesticides et la disparition du sable du lagon utilisé dans la construction de bâtiments, la préservation des ressources naturelles de l’île Maurice est peu à peu devenue une considération de premier ordre.

Heureusement, l’île Maurice a depuis pris conscience de cette menace que forme le changement climatique, et se tourne peu à peu vers le développement durable. C’est ainsi qu’à vu le jour en 2008 l’initiative Maurice Ile Durable (MID) qui a pour ambition, à l’horizon 2025, d’assurer l’approvisionnement de 65% des besoins énergétiques du pays à partir d’énergies renouvelables produites localement et notamment grâce à la bagasse issue des déchets des industries sucrières.

La réserve naturelle de l’île aux Aigrettes

Depuis 1984, la Mauritius Wildlife Fundation (MWF) réalise également un travail remarquable au niveau de la préservation des oiseaux, plantes, reptiles et mammifères menacés de l’île Maurice. Cette ONG est notamment reconnue pour ses programmes en faveur de la réintroduction et de la préservation de la végétation endémique et soutient énergiquement la création de parcs nationaux et de réserves naturelles.

La restauration de l’île aux Aigrettes est peut-être la plus belle réussite de l’ONG. En effet, durant pas moins de 25 ans, l’équipe s’est attelée à désherber les plantes et animaux invasifs présents sur l’île afin de les remplacer par des espèces endémiques. En conséquence, la diversité observée aujourd’hui sur l’île aux Aigrettes se rapproche de celle d’il y a 400 ans, avec plus de 60 espèces de plantes indigènes et des espèces d’animaux endémiques comme le pigeon rose dont il ne restait plus que 9 individus en 1990 et qui sont maintenant 54 sur l’île aux Aigrettes et 380 dans tout le pays.

Les visiteurs qui se rendent sur l’île aux Aigrettes contribuent au financement des actions de préservation menées par la MWF. Ici, tout est pensé en termes de développement durable. Par exemple, tous les bâtiments et infrastructures ont été construits à partir des ruines datant de la Seconde Guerre mondiale trouvées sur l’île, tandis que les sentiers ont été conçus de façon à minimiser leur impact sur la nature.

 

Les visites de la réserve naturelle durent environ une heure et demie et sont obligatoirement accompagnées par un guide biologiste formé par la MWF. On y apprend de nombreuses anecdotes sur l’île, comme par exemple le fait que les plantes dites « hétérophiles » possèdent des veines rouges sur leurs feuilles les plus proches du sol afin que celles-ci ne se fassent pas dévorer par les tortues à la recherche des feuilles vertes.

Mais on apprend aussi que justement certaines tortues ont connu une évolution de la taille de leur cou pour pallier à ce problème, intéressant non ? D’ailleurs, c’est en se nourrissant des feuilles et des fruits et après leur passage au travers de leur système digestif, que ces mêmes tortues contribuent également au bon équilibre de l’écosystème. En effet, les graines retrouvées dans leurs excréments germent quelque soit l’endroit où elles ont été déposées, et assurent ainsi la pousse de nouvelles plantes !

On fait notamment sur l’île la connaissance de Big Daddy, 190 kg à 95 ans,  une tortue plutôt imposante et on y trouve le fameux pigeon rose (appelé aussi pigeon mauricien). Enfin, on ne repart pas de l’île sans entendre parler du célèbre dodo ! Trop lourd pour voler, cette espèce endémique de l’île Maurice a été éradiquée à la fin du 18ème siècle après l’arrivée des Hollandais qui avaient malheureusement amené dans leurs cales des rats qui se sont peu à peu mis à dévorer les œufs des dodos dont la ponte est très rare puisqu’arrivant seulement tous les deux ans !

Tarif : 21€ pour les adultes, 11.60€ pour les enfants de 4 à 11 ans, pour une durée de deux heures incluant la navette maritime. Les navettes pour rejoindre l’île aux Aigrettes sont proposées au départ de la Pointe Jerome du lundi au samedi à 9h30, 10h00, 10h30, 13h30, 14h00 et 14h30 et le dimanche matin seulement.

➡ Réservations sur le site de la Mauritian Wildlife Foundation

Snorkeling au parc marin de Blue Bay

D’une superficie de 353 hectares, Blue Bay possède le statut de parc marin depuis 1993, avant de devenir une zone protégée en 2000 et d’être classé depuis 2008 comme site RAMSAR d’importance mondiale. Il faut dire que cette baie est le foyer d’une incroyable biodiversité avec plus de 72 espèces de poissons tropicaux et 38 espèces de coraux (dont le fameux corail cerveau, un spécimen âgé de plus de 1000 ans qui mesure cinq mètres de diamètre).

Situé sur la côte Sud-Est, à proximité du rivage avec des eaux clémentes et peu profondes, le parc offre des conditions idéales pour le snorkeling et les promenades en bateau à fond de verre. Depuis les débuts de l’activité touristique en 1992, le parc marin a connu une augmentation croissante du nombre de bateaux, et c’est pourquoi des bouées d’amarrage ont été installées sur des points stratégiques du site afin de limiter l’endommagement des coraux par les ancres des bateaux.

 

D’ailleurs, pour ceux qui décident d’aller observer les coraux au plus près avec palmes, masque et tuba, il est très important de faire attention à ne pas s’en approcher trop près et de maintenir une bonne distance avec les coraux afin de les préserver. Notamment, je conseille de choisir un opérateur dans une démarche de respect de l’environnement tel que recommandé par Mauritius Conscious. (à lire également, ce guide sur la plongée éco-friendly à l’île Maurice)

En ce qui me concerne, j’avais déjà vu de très beaux coraux lors de mon voyage à Hawaii et je n’ai donc pas été éblouie par les coraux que j’ai pu voir à l’île Maurice, mais par contre j’ai été agréablement surprise par la diversité des poissons tropicaux que j’ai pu observer. Il y en avait vraiment de toutes les formes et de toutes les couleurs et j’ai passé un bon moment sous l’eau à m’en prendre plein les yeux !

Kayak à l’île d’Ambre

L’île d’Ambre est une petite île située à l’intérieur du lagon Nord-Est qui fait partie des parcs nationaux mauriciens. Pénétrer à travers la mangrove quasi vierge de cette île préservée, c’est découvrir l’île Maurice hors des sentiers battus, loin des hôtels de luxe et de l’agitation touristique. Et quel meilleur moyen pour cela que de profiter d’une excursion en kayak ?

Le kayak de mer est l’embarcation idéale pour visiter cet écosystème unique et fragile en toute tranquillité et pour approcher les animaux sans les effrayer. Pagayer à travers les palétuviers de l’île d’Ambre est une expérience unique qui permet de découvrir cette plante fascinante et son rôle vital dans le système éco marin (cette plante représente à la fois un refuge, une nurserie et un garde-manger pour nombre d’espèces de poissons de récif).

Je n’ai malheureusement pas pu tester moi-même cette excursion en kayak car la météo n’était pas de la partie lors de mon séjour, mais la compagnie écotouristique Yemaya Adventures en propose et organise même le « Yemaya Kayak Tour » un événement écotouristique et sportif qui consiste à faire le tour de l’île Maurice en 4 jours et en 4 étapes de 25 km chacune, de Rivière Noire à Bel Ombre, de la Pointe d’Esny à l’Ile aux Cerfs, des Roches Noires à Grand Baie avec un retour à Port Louis (une partie des bénéfices est versée à l’association Forever Blue afin de soutenir son projet de préservation de la biodiversité de l’île d’Ambre).

Tarif : 48 € par personne pour la sortie à la demi-journée (snack inclus)

➡ Réservations sur Yemaya Adventure

Observation et nage avec les dauphins

Malgré le vote d’une loi en 2012 régissant la nage avec les dauphins, cette activité reste problématique et c’est pourquoi je recommande fortement de choisir une société qui respecte les recommandations de la Mauritius Marine Conservation Society telles que de garder une distance minimum de 50 mètres avec les dauphins et d’éviter de les déranger en s’approchant trop vite d’eux ou de les entourer. (plus de conseils dans cet article)

De plus, pour toutes les activités où on se baigne dans l’eau, il est important de privilégier une crème solaire bio. En effet, les crème solaires traditionnelles contenant de l’oxybenzone (ou tout type de  benzophenone) sont des menaces pour les coraux qui peuvent mourir s’ils sont exposés à ne serait ce qu’une seule goutte de ce composé chimique qui est responsable de leur blanchiment et de mutations de leur ADN…

Pour cette raison, il est important d’opter pour une crème solaire biodégradable et éco-friendly à base de minéraux naturels tels que l’oxyde de zinc ou le titanium oxide qui contrairement aux crème solaires chimiques qui absorbent les UV, vont créer une couche qui leur permettra de se refléter. Il est même possible de fabriquer soi même sa crème solaire maison comme Emma du blog Planet Addict.

Bien entendu, il y a encore de nombreuses activités sportives de plein air qu’il est possible de réaliser à l’île Maurice dans un total respect de l’environnement, tel que le kitesurf à la pointe d’Esny ou le canyoning aux très connues « 7 cascades » telles que sont nommées les Chutes de Tamarin. Pour plus d’informations, je vous renvois au blog de la société Mauritius Conscious qui met en avant de nombreux acteurs du développement durable à l’île Maurice !

➡ Pour ceux qui n’auraient pas le courage d’eux même fabriquer leur crème solaire, je conseille soit le spray solaire SPF 50 de la gamme Algamaris des Laboratoires de Biarritz à 19.50€, soit le lait solaire SPF 15 de Alphanova à 21€, deux très bonnes marques à la composition éco-friendly et qui ne laissent pas de marques blanches lors de l’application !

Enfin, quitte à être déjà dans la zone de l’océan indien, pour diminuer son impact écologique lorsqu’on se rend à l’île Maurice, pourquoi ne pas coupler son séjour mauricien avec un séjour à Madagascar ? Il suffit en effet d’une petite heure de vol pour relier les deux îles et prolonger le voyage dans des paysages complètement différents, donc envisager la possibilité d’un circuit combiné c’est tout gagnant !

Disclaimer : mon séjour à l’île Maurice a été rendu possible grâce à l’invitation de l’office de tourisme de Madagascar et de Promotour Mauritius afin de promouvoir les possibilités de circuit combiné entre Madagascar et les autres îles Vanille telles que Mayotteles Seychelles ou les Comores, toutefois les opinions exprimées ici restent les miennes, honnêtes et sincères.

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