Je ne suis pas faite pour voyager.

11 septembre, 18h46. Installée confortablement dans un fauteuil, dans le salon de mon auberge, j’écoute les bruits de la ville. Un chien qui aboie au loin, une voiture qui démarre au coin de la rue, une porte qui claque, le bruit indistinct de voix qui discutent non loin…

Et moi, assise là, fixant le ventilateur qui tente d’apporter un peu de fraicheur à cette pièce, d’un air hagard. Il fait chaud, je suis fatiguée, je suis lassée. Lassée de passer chaque jour en dehors de ma zone de confort, fatiguée de bouger sans cesse, de ne jamais avoir de port d’attache pour plus de quelques jours.

Pourtant j’ai ralenti le rythme. En posant le pied à Hawaii, j’avais signé pour 3 semaines de volontariat dans une communauté éco-durable. Je ne devais pourtant y passer qu’un tout petit peu plus d’une semaine, l’environnement tropical, le confort spartiate, l’humidité ambiante et surtout les moustiques ayant eu raison de ma plus bonne volonté.

Je pensais pouvoir vivre de peu, simplement. Mais force est de constater que ce premier soir, assaillie de toutes parts par les moustiques voraces, glissée dans mes draps gorgés d’humidité dans ma petite tente perdue au fond de la jungle, bercée par le bruit des grenouilles tropicales – et drame, sans internet – je me suis sentie seule, très seule.

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Les jours suivant ne devaient pas plus me convaincre que j’étais à ma place, ne pouvant me départir de ce sentiment de frustration d’être bloquée ici, sans moyen de locomotion à 6 km de la ville la plus proche et encore plus loin de la plage, sans Internet – oui je me répète ˆˆ – et à passer mes matinées à faire du désherbage.

J’ai tenu 3 jours avant de louer une voiture. 3 jours avant de retrouver ma liberté de bouger quand je voulais, de pouvoir aller au marché acheter mes fruits à moins de 8$ le melon, 7$ l’ananas ou 6$ les 4 pommes comme au supermarché local… 3 jours à réfléchir à quelles étaient mes limites, et jusqu’où j’étais prête à aller.

C’est ainsi que je me suis rendue compte que malgré que je n’attendais que de trouver un petit pied à terre, malgré que cette auberge était en théorie parfaite pour moi (avec une douche à l’énergie solaire, je pouvais difficilement ne pas aimer), au bout de 4 mois sur la route, j’étais fatiguée de faire des concessions sur mon confort.

Fatiguée de me battre pour avoir une connection internet digne de ce nom et bloguer un peu par ici. Fatiguée aussi de rencontrer toujours de nouvelles têtes. Moi qui pourtant au début de ce voyage était si avide de nouvelles rencontres, je ne rêve maintenant que d’un BBQ en terrasse avec mes amis, les vrais, ceux qui me manquent… <3

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Que je me sens bête, moi qui était tellement enthousiaste au début de ce voyage. Moi qui proclamais à tout va à quel point j’aimais ce mode de vie nomade et comment je ne pourrais plus supporter la routine, et que je me verrais bien vivre ainsi pour le reste de mes jours. Presque 5 mois plus tard, j’en rigole doucement.

Sans en être rendue à nouveau au point du burn out, je sens que je n’apprécie plus ce voyage de la même façon. Je ne suis plus aussi ouverte, j’ai moins l’envie de faire des efforts, moins la force de sortir de ma zone de confort. Je manque d’énergie, je manque d’enthousiasme, et je me prends à rêver par moments de la stabilité d’un quotidien citadin…

Ma famille me manque, j’aimerais pouvoir rentrer déguster les bons petits plats de ma maman pour juste un week-end. Mes copines de Montréal me manquent, et les entraînements de crossfit et autres défis sportifs – tous plus débiles – avec elles encore plus. Les soirées entre potes au fond des bois à boire des mojitos me semblent tellement loin…

Pourtant je ne regrette pas cette semaine, car elle m’aura permis d’en apprendre beaucoup sur moi même, sur mes limites de confort. Je préfère la voir comme une “expérience” que comme un échec, loin de tout ce dont j’ai l’habitude. Des situations cocasses j’en aurais connues…

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Comme cette pool party où je me suis retrouvée invitée, et où bien que très sympathique, je dois avouer qu’il est assez dérangeant de se retrouver à côté de quelqu’un de nu dans le jacuzzi… (note à moi même, la prochaine fois, penser à vérifier avant si le propriétaire et ses potes sont naturistes ˆˆ)

J’ai désherbé la moitié de la propriété, en plein cagnard et harcelée par les moustiques (oui papa, la prochaine fois ça sera dans ton jardin), j’ai peints des cœurs sur un bus, réparé un mur de bois, récuré et briqué comme un sou neuf une douche qui en avait bien besoin, à cent mille lieux de ce que tout le monde pourrait imaginer du “rêve hawaiien”

Avec du recul, je pense que je ne pouvais pas commencer mon séjour par une expérience plus authentique. Bien loin du Hawaii des cartes postales, j’ai pris conscience des forces de la nature en voyant les dégâts de l’ouragan survenu la semaine précédent mon arrivée, et en entendant parlé de la coulée de lave qui se dirigeait droit sur la ville voisine…

Malgré tout, c’est ainsi que sans réfléchir trop longtemps, j’ai pris la décision d’avancer mon départ, et que je me suis retrouvée un peu plus tôt que prévu de l’autre côté de l’île. Un changement de plan de dernière minute assez inhabituel pour la pragmatique-qui-prévoit-tout-en-avance que je suis en temps ordinaires.

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Me voici donc aujourd’hui à snorkeller au beau milieu d’une eau turquoise remplie de poissons multicolores, nager avec des tortues de mer, rester muette d’émotions devant des dauphins, se prélasser sur une plage de sable fin avec des cocotiers… Et pourtant, là encore je n’arrive plus à me réjouir comme je pense que je devrais.

Suis-je devenue blasée? Peut-on se lasser de voir trop de beauté? Pourquoi ne puis-je pas m’empêcher de voir les mauvais côtés? J’ai parfois l’impression de vivre le même choc culturel que les Asiatiques quand ils viennent à Paris, qu’ils ont tant imaginé comme la ville de l’amour, et qu’ils se prennent la réalité en pleine face…

Suis-je finalement moins tolérante qu’avant pour râler d’être dévorée par les moustiques, être exaspérée de la pluie quotidienne, pester contre les rochers qui déchiquètent les pieds sur la majorité des plages, fondre en larme lorsque j’oublie ma carte SD ou parce que j’ai perdue ma jupe fétiche?

Serais-je devenue trop exigeante à voir tant de merveilles? Ou est ce juste que finalement, la seule chose qui me fait rêver actuellement ce serait d’avoir un peu de stabilité… Un chez moi où inviter mes amis, un club de crossfit où me défouler, une garde robe plus grande que 3 débardeurs et 2 shorts.

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Une routine de tous les jours, du temps pour bloguer le soir sans avoir toujours l’impression de “sacrifier” mon temps de vacances ou de sommeil… Je culpabilise d’ailleurs souvent de prendre du retard par ici ou au contraire de ne pas me joindre à d’autres pour passer la soirée, dure vie de blogueur en voyage

Comme d’habitude, je me pose bien trop de questions. Et même si je n’ai aucun regret d’être là où je suis, et que j’en profite tout de même à fond, je crois que j’ai tout de même hâte de retrouver un quotidien au rythme moins effréné dans quelques mois. Et même si ce voyage n’étant pas déjà terminé que je me prends à rêver aux prochains…

Peut-être ne suis-je pas faite pour voyager. Du moins pas si loin, pas si longtemps. Finalement partir plus souvent, moins longtemps me conviendrait peut-être mieux, mais encore faut-il en avoir la possibilité. Peut-être ai-je été trop gourmande pour ce premier gros voyage. Peut-être suis-je également une éternelle insatisfaite.…

Mais peut-être n’ai-je tout simplement pas encore fini d’en apprendre sur moi même. Dans 15 jours je fêterai mon anniversaire loin de ma famille, loin de mes amis… Pourtant c’est moi qui l’ai choisi. Un an de plus, un pas de plus vers la maturité, un pas de plus vers celle que je serai demain, cette inconnue que je ne connais pas encore!

Alors je ne sais pas si je suis faite pour voyager… mais l’aventure continue!

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  • Je pense que c’est une question d’habitude.
    Quand on est habitué à un quotidien confortable et aisé, où l’on peut acheter un frappucino en bas de la rue avant de commencer la journée, faire du shopping entre amies pour agrandir sa garde-robe (qui n’en a souvent pas besoin), et être comme un poisson dans l’eau dans la société de consommation, et bien la vie plus ‘naturelle’, moins confortable, plus simple – celle d’une majorité d’habitants sur la planète – nous paraît difficile. Le sport n’est plus limité à une activité que, petits privilégiés, nous pouvons faire en salle, pour ‘sculpter’ notre corps selon les dames des publicités et se faire des abdos d’acier, mais il est quotidien, permanent : bêcher la terre, porter de lourdes charges, marcher pour chercher à manger, etc.
    Quand on n’est pas un habitué, mieux vaut commencer par de plus brefs voyages, et ensuite, effectivement, prolonger les séjours, etc. Mais oui, difficile quand on a été toujours gâté dans une société où l’on se soucie moins de combler nos besoins que d’en susciter de nouveaux, de se déshabituer de son confort et de se rendre compte que, pour une majeure part de l’humanité, ce confort n’est pas un donné ! 

    Une réflexion, également, sur l’addiction à internet et aux nouvelles technologies… Peut-on vivre sans internet ? Perso, je préfère un bon livre, une nuit étoilée ou de la pluie pour me rafraîchir, mais c’est une question d’habitude, là aussi ! 😉 

    • @Joha merci pour ta juste reflexion meme si celle ci est peut-etre un peu dure… Disons que j’estime avoir eu le courage d’admettre que ce n’était pas fait pour moi, mais que je ne me considère habituellement pourtant pas comme née avec une cuillière en argent dans la bouche. Je ne réfute pas que je sois bien plus privilégiée que la plupart des habitants de cette planète, mais ceci dit si je peux me permettre de me justifier dans ma “vie normale” je ne suis pas du tout du genre à me prendre un frappucino (je n’aime pas ça lol) ou à faire du shopping (aller j’achèete de nouvelles fringues tous les 6 mois et la plupart du temps je troque ˆˆ) Bref, tout ça pour dire que ce n’est pas tant le confort de choses matérielles qui em manquait que le confort d’avoir un foyer, tout simplement! 🙂

  • Cœur avec les mains comme dirait Camille, profite de ta pause vacances, tout va se remettre dans le bon sens tout seul. Puis c’est pas parce qu’on est loin qu’on pense pas à toi. Allez va courir ça fait oublier les chagrins, et demain ? Demain tout ira bien, promis.
    bisous copine

    • @Piiiiitch énorme coeur avec les mains oui, aller demain je reprend le crossfit avec mes #machinegirls d’amour! <3

  • Très intéressant ton retour d’expérience, moi qui reviens de 3 semaines de road-trip seule en Australie et qui aurait tant aimé que ce voyage dure 6 mois !! 
    Je pense que c’est tout à fait normal que tu ressentes cela. Comme tu le dis, ce voyage t’apprend plein de choses sur toi et justement celle-ci est essentielle ! Et puis attends, tu es quand même déjà partie depuis 4 mois !!! C’est énorme, surtout si tu bouges assez vite de chaque endroit. 
    Et puis si tu es toute seule c’est normal aussi d’avoir envie de contacts avec les gens qui comptent réellement pour toi. Ça fait juste partie de la nature humaine. Sinon, oui on ne s’attacherait pas aux gens puisqu’il serait facile de rencontrer plein de nouveaux gens tous les jours ! ^^
    Perso, j’ai choisi de faire un road trip mais je ne l’ai pas fait en mode roots, je dormais à l’hôtel tous les soirs… ça m’a coûté une blinde et je pense que j’aurais tout de même dû alterner avec des nuits en backpackers mais si j’ai fait ça c’est parce que je me connais et que je savais que je voudrais un certain confort, avec Internet, etc… 🙂
    Dans tous les cas, ne te force surtout pas et pourquoi pas écourter ton voyage si besoin d’ailleurs ? 🙂
    Je t’envoie un câlin de loin !! 🙂

    • @Clyne 3 semaine en Australie, mais c’est déjà super cool! Puis tu étais vraiment toute seule, alors que meme si je ne le mentionne jamais (vie privée tout ça ˆˆ) moi je voyage à 2… Faudra qu’on se croise à un moment où je serai de passage en France!

  • Tout ça, j’aurais pu le dire mot pour mot au milieu de mon tour des USA solo de cette année. Je suis passée par les mêmes stades de réflexion, les mêmes pensées tristes, les mêmes ressentis. C’est dingue !
    J’ai eu l’impression de ne pas être libre (contrainte par mon petit budget), de ne pas pouvoir me poser autant que je le voulais, et au contraire, frustrée de ne pas voir autant que je le voulais. C’est la première fois que ça me fait ça, je n’avais pas du tout eu cette impression au cours de mon premier tour des USA, pourtant d’un mois plus long que le suivant !
    C’est surtout en ville, que ça m’a pesée. Lorsque je campais dans les parcs nationaux, que j’avais ma voiture et ma tente, ça allait mieux, et l’absence de confort ne me dérangeait pas du tout du tout. Bizarre !

    • @Isa pareil je n’ai eu aucun problème à camper 2 semaines dans mon van en Utah, je pense que ça dépend vraiment des fois! Mais je crois surtout que tout ne peut pas etre parfait, on est peut-etre trop exigeantes! ˆˆ

  • Le voyage ce ne sont pas des vacances, et c’est tout à fait normal que tu passes par tous ces stades de réflexion. C’est drôle car j’ai préparé un article sur pourquoi je continue de voyager qui sera publié bientôt! Moi aussi je suis fatiguée de bouger sans cesse, de vivre dans des sacs, mais j’ai tellement besoin de bouger pour justement me poser les bonnes questions. La vie stable me tente de plus en plus mais je ne suis pas du tout prête pour ça car j’ai encore bien des choses à découvrir.
    Et en fait c’est ça que tu expérimentes. Tu es face à tes émotions, sans échappatoire possible dans ta zone de confort habituelle. Tu es obligée de réfléchir et de creuser au fond de toi pour voir ce qui ne va pas. Quand tu auras fini ton périple, tu verras comment tu auras grandi! Même si c’est pour te poser, tu n’auras pas cette frustration du “et si j’étais partie….”
    Et tu veux que je te dise, tu t’en sors très bien! Et n’oublie pas, rien n’est figé! Si tu veux changer ton plan de route, vas-y, tu es le maître de ta vie et c’est toi qui choisit où tu vas! Ne continue pas de faire le saute mouton de ville en ville si tu ne te sens pas bien, pose toi un peu quelque part et tu verras!
    Et puis, tu n’es peut-être pas tombée sur le bon projet encore. C’est quand ça devient dur qu’il faut s’accrocher un peu, et c’est le but du voyage finalement, voir de quoi on est capable et comprendre ce que l’on veut vraiment! Bon allez, j’arrête mon roman, mais n’hésite pas à m’écrire si tu as besoin 😉
    Bisous ma belle
     
     

    • @Planet Addict comme le dit une expression, mieux vaut avoir des remords que des regrets! On se comprend tellement toi et moi. <3

  • Je plussoie le coeur avec les mains ! On pense fort à toi ici, le loin des yeux loin du coeur est une légende 🙂
    Prends-toi un break, traîne tes pieds dans le sable, passe une bonne nuit de sommeil et tu verras, tout va aller mieux, promis !
    Bisous sportifs 🙂

    • @Roux_Stine bisous à toi aussi, je sais que tu es en train de passer par plein de questionnements en ce moment! <3

  • Je te comprends tellement ! Et pourtant je n’ai jamais fait de voyage comme le tien ! Mais en rentrant de mes 8 jours à San Francisco, j’avais qu’une hâte, de retrouver mes chats, mon appart et ma connexion OUI !! Pourtant j’étais déjà partie 3 semaines au Maroc il y a 2 ans, mais peut-être que le fait de vivre au Canada aujourd’hui, et d’essayer encore de trouver une routine, des repères, font que j’ai plus besoin de stabilité aujourd’hui. Peut-être que si tu avais fait ce voyage avant de venir au Canada, ça aurait été différent ?
    En tout cas, je trouve ça normal tes besoins et tu as bien du courage de l’écrire. Je te fais des bisous 🙂

    • @Laulinea eh oui souvent on a vraiment marre de la routine, mais parfois on ne reve juste que de ça, c’est fou!

  • Je n’ai aucune expérience du voyage, mais je pense comme plusieurs l’on dit que cette expérience est aussi l’occasion de faire un tête à tête avec toi-même, et ce qu’on découvre est parfois déconcertant… Mais dans tous les cas, dis-toi qu’au moins, contrairement au plus grand nombre, tu t’ai donné les moyens de vivre ce qui te semblais te correspondre. Que tu te sois -peut-être – trompé n’est pas très grave au fond, tu vis une sorte d’expérience limite qui vas te permettre de mieux te connaître, de mieux appréhender ce qu’est réellement ton idéal, et çà c’est c’est le principal et une chance.
    Moi qui ne suis jamais sortie de ma zone de confort et qui aujourd’hui, à quarante ans, me dit que je serai peut-être plus heureuse avec une vie différente, je t’envie et admire ton courage d’avoir franchi le pas). Prends ton temps pour décider ce qui te conviens, le choix sera de toute façon le bon 🙂
    Bon courage pour la suite, quelle qu’elle soit !

    • @Delphine merci pour ton message, et surtout n’ais pas de regrets concernant ta vie, oui je ne peux que pousser les gens à sortir de leur zone de confort mais poses toi surtout la question de si tu serais prete à le faire maintenant par exemple. Avec des si, on peut refaire le monde tu sais, et peut-etre qu’en agissant autrement tu serais passée à coté d’autres choses qui font ta vie aujourd’hui qui sait…

  • Très juste et très honnête cet article. J’aurais pu écrire le même je crois (sauf le “malgré que” qui pique un peu!). Et pourtant Hawaï est une destination rêvée. Mais tu as entièrement raison dans ta conclusion, il faut souvent persévérer et tu découvriras et ne verras plus que les atouts de ces lieux et ces personnes rencontrés. Bisous.
     

    • @Hermina Eh oui Hawaii est une destination revée et je ne regrette absolument pas, j’ai passé un mois riche en émotions!

  • Maintenant que tu sais désherber, à ton retour en France, je t’attends! Pour moi la terre est de plus en plus basse, mon jardin est tout petit et y’a pas de moustiques.
    C’est en se frottant aux difficultés qu’on se forge le caractère et que le  négatif devient du positif.
    Allez courage, quand ton périple sera terminé, tu retrouverras tes petites n’habitudes: métro, boulot, dodo! Et alors ce sera cool ou plutôt ch.ant!!!
    Encore courage et bizzzzzzzzz.

    • @Coline ah ah oui je retrouverai mes habitudes et j’aurai surement à nouveau envie de repartir! 🙂

  • Je ne suis pas d’accord avec le commentaire qui dit que c’est une question d’habitude.
    Avant d’opter moi-même pour une vie nomade, je ne comprenais pas les gens lassés du voyage au bout de 4 ou 5 mois (bien plus nombreux que tu le penses, surtout chez les tour-du-mondiste, certain abrégeant de 1 ou 2 mois leur voyage). C’était impossible de comprendre.
    Et puis j’ai pris la route avec mon namoureux et notre fille. Et je n’avais qu’une phrase en tête, de Bouvier (phrase que j’ai résumé à ma façon mais je te donne la version entière) :
    “Le voyage ne vous apprendra rien si vous ne lui laissez pas aussi le droit de vous détruire. C’est une règle vieille comme le monde. Un voyage est comme un naufrage, et ceux dont le bateau n’a pas coulé ne sauront jamais rien de la mer.”
    Plus d’un fois nous avons eu cette image de naufrage en tête, en ce demandant si on était au coeur d’une tempête avec le bateau toujours debout, ou si c’était vraiment le naufrage et que nous allons enfin nous en sortir, aavoir la patience, la zen attitude nécessaire.
    Je pense que le problème c’est qu’il y aura plusieurs naufrages, et qu’il faut vivre le premier pour savoir si on peut affronter le suivant sans la trouille au ventre qui nous immobilise. Et je suis convaincue que tout le monde ne le peut pas. Que tout le monde n’est pas prêt à affronter ce 2e naufrage, en toute connaissance de cause, alors qu’il y a une autre vie possible pour lui. Et il n’y a aucune honte à avoir. Car tandis que je reste à attendre la prochaine tempête, je n’aurai jamais le courage de me lancer seule à faire du désherbage à Hawaï. et que par de nombreux aspects tu es plus courage, plus forte que moi. Pas de la même façon. Et alors, on s’en moque, tu n’es pas dans une compétition.
    Peu importe si tu rentres dans 2 semaines ou dans 2 mois. Pense juste à rentrer avant qu’il ne soit trop tard, avant d’être dégouté, car ce serait vraiment dommage de jeter un voile sombre sur une expérience si incroyable.

    • @Tiphanya quelle belle métaphore que le naufrage, oui je crois que c’est tout à fait ça, je me suis laissée prendre dans la tempete. Mais aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir pu sortir la tete de l’eau, affaire à suivre donc…

  • Les doutes et moments de solitude c’est normal. Ce voyage est une rencontre avec toi, une découverte de toi, ce n’est pas facile mais ça fait grandir. Internet est une addiction nouvelle je le vois dans les commentaires le monde est devenu accro… mais deconnecte toi comme tu peux, il y a plein de belles connections exterieures à faire et du sport tu en fais de mille belle facon. la nage, la marche, le travail de la terre etc. tu es maitre de ton voyage, ne suis pas le plan etabli si ça ne te va plus,  c’est justement ça le voyage, l’inconnu, créer son chemin selon les evenements. Je n’ai pas eu la chance financiere de voyager depuis 2 ans mais je trouve plein de facons de decrocher chez moi. Avec ton voyage soit creative, heureuse et surtout ai du fun ! 🙂
    message à Joha : ta vision des choses de la vie est magnifique, je vois les choses comme toi !

    • @lylia oui c’est sur qu’il n’y avait pas le probleme d’internet il y a 20 ans, mais en meme temps je ne sais pas si j’aurai osé partir sans Internet c’est à dire sans la possibilité de rester en contact avec mes proches…

  • Je te comprends tellement, c’est normal des hauts et des bas. Mais tu sais, l’important c’est de t’écouter. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, il n’y a que la tienne!

    • @Jennifer merci, faut qu’on se revoit maintenant que je suis de retour à Montréal! 🙂

  • Ne t’inquiètes pas ce que tu ressens est tout èa fait normal! Attends ça fait 5mois que tu es sur la route! Les gens qui font de longs road trips font des longues pause au même endroit avant de reprendre leur sac à dos. Toi tu as beaucoup bougé, vu énormément de choses en peu de temps, et en plus tu es partie toute seule!!! C’est bien normal que tu satures et que tu ais besoin d’un peu de stabilité. Ça ne veut absolument pas dire que tu n’es pas faite pour le voyage, ou que comme le dit Joha tu es ancré dans la société de consommation (va n’à rien à voir). Tu as déjà accompli beaucoup là où de nombreuses personnes auraient fait demi tour depuis longtemps (et puis la plupart des gens qui font des roads trips ont tendance à ne raconter que les bons côtés et pas moments de galère ou de doutes)! Et tu as gérer tout ça toute seule, ben franchement tu peux être fière de toi!

    • @Julie eh oui j’ai choisi de ne pas raconter que les moments de bonheur car j’aurais aimé lire ce type d’article avant de partir, pour savoir un peu avant à quoi m’attendre. Mais oui, je pense que j’ai bougé “trop” souvent, les circonstances ont fait que je n’ai pas pu prendre mon temps comme je l’aurais voulu, j’essayerai de voyager différement la prochaine fois je pense!

  • Comme je te comprend, il arrive un moment où il faut savoir ralentir, voire s’arrêter pour mieux repartir. Et il arrive un moment où l’on a envie de retrouver sa routine, parce que mine de rien, elle nous encadre et nous sécurise. Je comprends quand tu dis que tu en a marre de voyager avec les mêmes t-shirts. Peut-être que ce qu’il te faut c’est de changer quelques jours de rythme de vie, t’acheter de nouvelles fringues par exemple qui remplaceront les anciens. Je crois que ce genre de chose est très sous-estimé, mais ça fait un bien fou, peut-être autant qu’un beau coucher de soleil au bord d’une plage entouré de cocotiers. Parce que ça nous raccroche à notre vie “d’avant”.
    Tu as bien fais de quitter ton écovolontariat si tu ne t’y sentais pas bien. La meilleure chose à faire en voyage est d’écouter ses envies et son corps. C’est dur d’être seule, loin de tout. Après un an au Canada, j’avais très envie de rentrer en France, et il m’aura fallu plus d’un an pour aujourd’hui avoir enfin l’envie de repartir ailleurs si longtemps.

    Bon courage pour la suite de ton voyage, et si tu décide de prendre des raccourcis c’est n’est pas grave, les autres lieux seront toujours là quand tu décidera d’y retourner.

    • @Coralie merci pour tes conseils, je me suis acheté une jolie robe pour mon anniversaire, petit luxe pour une backpackeuse! 🙂

  • Ta reflexion est tres juste. Le voyage reste quelque chose d epuisant. Et je pense que tu as a fait le tour, ou que tu es arrivee a un point où tu as trouvé tes limites, ou insconsciemment ce que tu cherchais :-). N ai aucun regret ! On a tous cru que la vie de voyage etait faites pour nous, les rencontres, les nouveaux paysages etc. mais au final on se rend compte que ce qui est le plus important c est nos proches . On a besoin d un cadre familier aussi, de reperes , de confort. Personnellement apres avoir traversé la Russie, je n ai plus eu envie de voyager . Ca m a stabilisé d un coup. Je revais d un chez moi, de cuisiner dans ma cuisine, de voir mes amis et de boire un verre avec eux en terrasse et de discuter. J en avais marre de dormir chez des inconnus et de devoir crapahuter toute la journee, de ne jamais poser mes sacs plus de 3 jours. Tout est grisant au depart Et puis ca devient la routine meme a l autre bout du monde. Les rencontres egalement. La place a l amitié dans cerveau se fait plus petite aussi :-). Pourquoi se faire de nouveaux amis quand on a a peine le temps de voir ses vrais amis de longue date en gros.
    maintenant que tu sais ce que tu as hate de retrouver, essaie de profiter de ce que la fin de ton voyage peut t offrir. Vois le peut etre sous un autre angle ? C est parfois sa vision qu il faut changer
     
     

    • @Mag wouah tu as bien cerné ce que je traversais, peut-etre avais-je alors trouvé mes limites oui, en tout cas je viens de poser à nouveau mes valises à Montréal et ça va me faire du bien de voir mes amis je pense!

  • J’ai envie de dire, c’est normal. Il y a des hauts et des bas sur la route, on ne peux pas toujours être à fond. Il y a plusieurs solutions. Louer un appartement le temps d’une semaine ou plus et se faire d’autres repères, reprendre une routine, se reposer, faire venir la famille ou les amis pour partager un bout de route, faire un aller-retour à Montréal pour faire le plein de bonne humeur…
    On n’est pas tous faits pour voyager au long cours, c’est certain. Mais on a tous nos moments de faiblesse, nos soupirs, nos envies de tout arrêter. Fais-toi plaisir et suis ton coeur. Si tu dois rentrer plus tôt que prévu, ce n’est pas grave non plus…
    Des bises et plein de courage!

    • @Lucie je sais plus que tout que tu sais de quoi tu parles, alors merci miss, j’espère vraiment te rencontrer un jour!

  • oh laa, beaucoup de questions et de remise en questions par ici …
    pour ce qui est de prendre du retard sur ton blog, franchement, ca ne devrait pas te perturber. Le log reste un loisir, un plaisir..
    tout comme ton voyage. Si tu n’y prend plus autant plaisir, peut etre vaut il mieux rentrer , souffler et repartir dès que possible.
    et puis, c’est toujours bon de se remettre en question non ? peut etre aussi vas tu remonter la pente, retrouver l’envie (l’envie d’avoir envie) et c’est r’parti mon kiki 🙂
    bon courage, et tiens nous au courant 🙂

    • @Agrippine oui le blog reste un plaisir, mais je vais bientot m’y remettre avec un peu plus d’assiduité!

  • […] fait tout remettre en question, et même si j’ai compris ces derniers mois que je ne serais pas une éternelle nomade, au long terme, je ne me projette absolument nul part pour l’instant… Tout juste si je sais […]

  • […] vécu 6 mois intenses, avec des hauts et surtout avec des bas. Aujourd’hui, j’avais besoin d’une pause, de revenir à Montréal, de simplement […]

  • Très beau texte et belle réflexion!
    J’envie souvent les gens qui sont en tour du monde, toujours sur la route, parce que j’aime voyager, découvrir mais au fond de moi, je sais que je n’y arriverai pas, pour les mêmes raisons que toi! J’ai besoin de me sentir enracinée quelque part, avoir mes repères et mes affaires (je n’arrive pas à me défaire de mon côté trop matérialiste, ggrrr)
    Je préfère comme toi, voyager plus souvent et moins longtemps. Je trouve qu’on apprécie plus ce qu’on a au retour et on se rend mieux compte de la beauté des choses en voyage. Mais ce n’est que mon avis!
    Faudrait que je me prévois mon prochain voyage d’ailleurs!

    Merci de nous faire partager tout ça! C’est inspirant!

  • […] qui m’a changé? J’suis plus bien sûre. Tu sais, d’être finalement rentrée, comme j’ai tant souhaité ces semaines passées, ça fait du bien. Pas tout à fait comme de rentrer à la maison pour vrai, parce que y a pas ma […]

  • […] Déjà un mois que je suis de retour à Montréal. Comme le temps passe vite, j’ai à peine l’impression que je viens de m’arrêter quelque part pour plus que quelques jours. J’ai retrouvé mes petites habitudes, mes amis, une partie de ma vie d’avant. Cette vie qui m’avait tant manquée par moments… […]

  • […] « Je ne suis pas faite pour voyager« , le blues du backpacker, une réflexion, une prise de conscience sur la vie de voyageur au long terme et sur le besoin de stabilité. The Green Geekette a encore frappé fort ! […]

  • […] au même titre que mon coeur… Un trop plein d’émotions presque impossible à décrire, ce même sentiment qui revient me hanter à chaque fois que je reprends la route, cette impuissance à trouver les […]

  • […] … je devais décider il y a un an de ça de tout quitter pour voyager. Un projet qui à la base ne remettait pas totalement en cause la vie que je menais puisque l’idée était toujours de reprendre un travail « normal » à mon retour en Europe 6 mois plus tard. Sauf que les 6 mois se prolongeant en plus d’un an, le papillon que j’étais devais définitivement se libérer de sa chrysalide. […]

Toi aussi laisse ton petit brin d'herbe...