L’impact carbone de mes voyages : 2018 sans mesure VS 2019 sans avion.

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2018 a été pour moi une année de prise de conscience. Voyager sans mesure en suivant les opportunités au grès du vent sans vraiment y réfléchir, consommer le voyage comme une ressource inépuisable n’était plus possible. J’y ai personnellement perdu mon équilibre émotionnel et physique, et surtout, j’ai peu à peu conscientisé le fait que pour le bien de notre planète, il n’était plus possible de voyager tel que je le faisais.

Du jour au lendemain, j’ai pris la décision radicale de ne plus prendre l’avion, une décision pas toujours évidente en terme d’organisation, mais oh combien nécessaire pour ne plus me sentir en dissonance cognitive. Entre 2018 et 2019, j’ai changé ma façon de voyager bien sûr, mais également une autre composante importante dans mon quotidien puisque j’ai à nouveau pris un chez moi !

Et même si je suis très discrète sur le blog ces derniers temps, à la fois un peu dans le doute par rapport au virtuel (je n’ai plus aucune envie de poster sur les réseaux sociaux) j’en ai quand même profité pour publier un article qui me tenait à cœur depuis longtemps : « Comment voyager éco-responsable ? » et je travaille avec mes amies Emma et Lucie a faire émerger le mouvement « Voyage Slow » chez les blogueurs, qui à mon grand soulagement se sentent de plus en plus concernés par ces problématiques autour de l’environnement.

Pas plus tard que ce matin, je tombais grâce à leur newsletter sur l’article intitulé « C’est quoi « réussir » en 2019? et si on se plantait complètement… » publié cette semaine par Fabienne et Benoît de Novo-monde. Un article à propos de la réussite qui a beaucoup résonné en moi par rapport à mes questionnements personnels et professionnels actuels en posant une question finalement très simple et pourtant si importante.

Aujourd’hui j’ai décidé de mettre cartes sur table et de comparer de manière totalement transparente l’impact de mon mode de vie sur la planète entre 2018 et 2019. Si j’avais plus de temps, j’aurais même pu le faire depuis que j’ai commencé à voyager en 2012, mais cela sera pour plus tard, le constat est déjà ici assez parlant je trouve. Alors, on se lance, curieux de voir ce ce que ça donne ?

2018 : 80 000 km au compteur !

Autant y aller franco et annoncer la couleur tout de suite. En 2018, ce sont pas moins de 78 700 km que j’ai parcourus, soit une fois et demie le tour de la circonférence de la Terre ! Un chiffre énorme qui signifie surtout en terme d’impact carbone pas moins de 17 tonnes de CO2 produites uniquement pour mon transport en 2018.

54 400 km aériens – 15,75 tonnes de CO2

20 700 km terrestres (principalement en bus) – 1,25 tonne de CO2

3 600 km en voilier – (impact CO2 négligeable)

Quand on regarde le détail, on peut voir que plus de 2/3 de ces kilomètres ont été réalisés en avion, car oui en 2018 j’ai pris 10 vols. 3 vols long courriers aller-retour pour aller au Costa Rica, en Inde et à l’île Maurice / Madagascar, un vol pour revenir de Tenerife après mon voyage en voilier, mais également trois vols internes en Europe (choix absolument inenvisageable pour moi aujourd’hui) entre autre pour aller en Irlande.

Ajoutons à cela des trajets terrestres (principalement en bus pour des raisons économiques) pour me déplacer relativement souvent en France entre Tours, Paris et Grenoble pour voir mes proches, ou me déplacer en festival de danse en Italie ou aux Pays-Bas, et un voyage en voilier presque sans impact en terme de CO2, et le tableau de 2018 est entièrement dressé !

Concrètement, c’est presque 10 fois plus que ce que la Terre peut supporter par personne par an pour stopper l’accroissement de l’effet de serre. Pour une blogueuse écolo depuis presque 10 ansmême si j’avais déjà commencé à avoir des questionnements sur ma responsabilité on repassera, et quand je vois le temps qu’il m’aura fallu pour avoir cet électro-choc de prise de conscience, j’ai peur pour ma planète.

En observant avec du recul mes choix de voyage de l’année dernière, je me rends compte qu’il était ridicule de vouloir me rendre à la fois au Costa Rica et en Inde à la suite, même si comme je le pensais à l’époque les opportunités de ces voyages en valaient la peine. De même pour mon voyage à l’ile Maurice et Madagascar – tous frais payés pour le blog – soyons honnête, que j’ai à l’époque accepté en me dédouanant.

J’ai en effet accepté ce voyage en me disant que ce serait une belle opportunité professionnelle pour le blog de mettre en avant l’écotourisme à l’ile Maurice et à Madagascar. J’ai finalement été catapultée pour seulement 10 jours à 9000 km de la France, dans le cadre d’un voyage que je n’ai finalement pas apprécié car le programme était loin d’être réellement éco-responsable !

Depuis, j’ai pris la décision de systématiquement refuser ce genre d’opportunités qui veulent m’envoyer loin pour de si courtes périodes, car cela va désormais à l’encontre de mes valeurs. Un choix pas évident mais oh combien nécessaire. De même que celui de tout simplement refuser à titre personnel certaines idées et envies de voyage lointaines faute d’avoir aujourd’hui le temps / l’énergie de les réaliser en mode slow…

2019 : 14 000 km pour l’instant !

Un an plus tard, l’année 2019 est jusqu’à présent drastiquement différente. Aucun avion pris cette année, et pas la moindre intention que ça soit le cas, les seuls kilomètres réalisés sont terrestres et maritimes, et mis à part des déplacements toujours réguliers entre Tours, Grenoble et Paris, mes déplacements sont restés la plupart du temps en France par bus ou train.

Sauf exception, 2019 ne me verra réaliser “que” 2 voyages cette année : un mois complet en janvier passé à Porto où je me suis posée sans bouger, et un voyage en Suède d’un mois en juillet où je naviguerai à nouveau sur un voilier trois mois. Mon nouveau crédo : ne me déplacer sur une longue distance que si mon séjour sur place est d’une durée minimum d’un mois, et le faire en transport terrestres uniquement !

Le constat est sans appel, en prévisionnel jusqu’au mois de septembre, j’en suis cette année à “seulement” 14 000 km, soit 840 kg de CO2, ce qui en ratio fait un taux de 1,2 tonne l’année, bien loin des 17 tonnes de l’année passée… Pour prendre exemple sur mon voyage de cet été, Grenoble à Stockholm c’est 4000 km en bus et 500 km en train aller-retour, et 1500 km en voilier sur place, soit un total de 245 kg de CO2.

Si j’avais pris l’avion, c’est pas moins de 5,45 tonnes de CO2 que j’aurai émises. Alors oui j’aurais mis moins de temps c’est sûr, mais j’aurai moins eu conscience de l’impact d’aller aussi loin. Aujourd’hui je voyage moins car j’évalue toujours l’impact qu’un déplacement aura en terme de fatigue, de coût (autant financier qu’écologique) et surtout j’essaye de ne plus me disperser et je choisis mes projets plus attentivement.

Certes, j’ai aujourd’hui un autre impact que je n’avais pas avant car je possède désormais un chez moi, mais s’il m’est difficile d’avancer aujourd’hui des chiffres précis concernant mon impact au quotidien, je sais que cela ci est minime comparé à celui de mes déplacements auparavant, étant végétarienne, faisant de la récup’ d’invendus pour la bouffe, pratiquant au maximum le zéro déchet, n’achetant quasiment jamais neuf…

Comment calculer l’impact carbone
de ses voyages ?

Rien ne sert de réinventer la roue, Emma a rédigé sur son blog un article très complet sur la façon de calculer l’impact carbone de ses voyages. Ce que j’aimerais par contre inciter chaque blogueur ou même lecteur passant par ici à faire, serait pour chaque voyage de remplir cette “fiche bilan” (réalisée par mes petits soins de graphiste ^^) afin de faire le bilan de l’impact de son voyage.

Pour donner l’exemple, je me suis prêtée au jeu avec mon voyage à venir, en faisant le bilan (certes en avance) de mon séjour en voilier trois mâts en Suède. Même si certaines rubriques seront peut-être amenées à subir une mise à jour une fois le dit voyage effectué, je pense que l’idée principale est là, et pour les curieux, je vous encourage à également aller lire l’article d’Emma sur un écolodge en Bretagne où elle s’est prêtée au même exercice. N’hésitez pas vous servir de cette fiche bilan en l’éditant à l’aide de CANVA !

J’aurais pu diminuer encore mon impact pour ce voyage en me rendant en Suède en auto-stop comme il y a 4 ans, mais j’avoue que je n’ai pas forcément l’énergie pour ce type de voyage en ce moment. En tout cas, je suis déterminée à faire de mon mieux pour ne plus encourager la consommation de voyage à outrance et faire des choix réfléchis même si de plus en plus je me pose la question de l’impact individuel.

J’ai envie de terminer cet article en partageant deux articles qui m’ont beaucoup touchée sur la thématique de la responsabilité individuelle versus celle de nos gouvernements : le premier est « Petits gestes : j’en ai assez de la sur-responsabilisation individuelle » et le second « Le Burn out du Colibri » qui donnent je trouve matière à réfléchir…

Alors, tu joues le jeu ? Prêt à calculer
l’impact de ton dernier voyage ?

1 COMMENTAIRE

  1. Merci beaucoup pour cet article. Je me suis longtemps interrogée sur les blogueurs/ses de voyages qui se disent en même temps écolo. Le voyage dans le monde actuel semble être devenu un mode de consommation comme un autre: on consomme les musées et les monuments, le dépaysement, mais va–ton vraiment à la rencontre de l’autre et de sa culture? Le vrai voyage se vit dans le temps long car ça prend du temps de découvrir un autre pays, une autre culture, mais c’est sûr, celui ou celle qui voyage pour remplir son compte IG ou son blog aura une autre perspective….A mes yeux, le voyage intérieur est devenu plus intéressant que le voyage extérieur.

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