Je ne suis pas un super héros.

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“Je ne suis pas un héros. Mes faux pas me collent à la peau”. Preuve qu’on apprend pas toujours de ses erreurs, il ne m’aura pas fallu plus d’un an pour passer non loin de faire à nouveau un burn out du voyageur… Sur ce point là, on peut s’accorder que je n’ai pas changé. Je veux toujours trop en faire.

J’ai cette boulimie de vie, de voyages, d’expériences qui me pousse toujours à chercher plus, à ne jamais m’arrêter. Je n’ai pas le temps de souffler, à peine le temps de respirer. Mais je ne me plains pas, car ces choix, personne ne m’a forcé à les faire, ce sont mes décisions. Autrement dit je ne peux m’en prendre qu’à moi.

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C’est bien moi qui ai choisi de courir tout le mois dernier – à vivre des moment mémorables certes – entre la Sicile, la Costa Brava, la Corse et l’Andalousie… C’est moi qui ai choisi de rogner peu à peu sur mes heures de sommeil pour pouvoir continuer à gérer ce blog en parallèle, emmagasinant au passage une fatigue qui devait me mener au point du rupture.

Car même quand on croit tout si bien maîtriser, le corps est le dernier bastion qu’on ne peut mettre totalement sous contrôle. Négligez le et il vous le fera payer tôt ou tard. Dans mon cas, c’est plutôt ironique pour une fille qui a passé l’hiver à Montréal à faire 2 à 3 heures de crossfit par jour que je ne prenne même plus le temps de faire de sport.

Ces quelques kilos en trop qui se sont accumulés, cette fatigue omniprésente, je me suis mise à les tolérer, à vivre avec. Alors même que je n’ai pas énormément d’obligations dans ma vie actuelle, je continuais de me pousser à l’extrême, de trop demander, sans assez donner. Je me croyais invincible. Jusqu’à ce matin.

Ce matin, où dans un instant d’inattention, alors que j’avais réussi à survivre à la conduite sicilienne, j’ai très bêtement emporté le rétroviseur d’une voiture stationnée. Et je n’aurais pas la mauvaise foi de mettre cela uniquement sur le compte de la rue trop étroite ou de la voiture trop encombrante. Non, non, non.

Comme Lucas, le héros de ce court métrage, je suis du genre « bon vivant », dans le sens où j’aime croquer la vie à pleines dents, ne jamais manquer une seule opportunité. J’ai ce défaut de facilement dire oui à toutes les activités / voyages qu’on me propose et de rarement refuser par peur de manquer quelque chose et de le regretter ensuite.

Sauf que voilà, si aujourd’hui je m’en suis finalement tirée, ce coup de mou du à la fatigue aurait aussi pu me faire merder plus gravement. Et pour la si ardente défenseure de la sécurité routière que je suis, c’est un bon constat d’échec vis à vis de moi même. Moralité, conduire fatigué c’est pas bien mieux que de conduire bourré.

Alors, parce que j’adore bien trop la vie et que j’aimerais qu’elle dure longtemps, je vais essayer de continuer à trouver mon rythme, ne pas trop exiger de moi même et laisser un peu plus de place à ce mode de vie nomade que j’aimerais transformer en un quotidien plus apaisé car au fond je reste humaine. Non, je ne suis pas un super héros.

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