Mon premier trail en Suède.

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De plus en plus, j’aime trouver une raison à mes voyages. Non pas que je n’aime plus me laisser porter au gré du vent et de mes envies dans des destinations qui me font rêver en tant que telles. Mais au delà d’aller quelque part pour « visiter », ce que je veux c’est vivre des expériences, et quoi de mieux pour cela que de se rendre quelque part pour un événement bien particulier.

Le sport étant une de mes grandes passions, c’est ainsi tout naturellement que c’est imposé le choix de commencer à me fixer des défis sportifs tout autour du monde. C’est ainsi que j’ai perfectionné mon surf en Inde, fait du canyoning en Corse, de la via ferrata et de la spéléo en Hérault. Des occasions de pratiquer des sports de manière abordable et plus ou moins spontanée.

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Sauf que dans ces trois cas là, j’ai d’abord choisi la destination avant de trouver quelles activités sportives je pourrais bien y faire. A l’inverse, mon séjour en Suède devait être construit de manière totalement inverse. C’est suite à la décision de me lancer dans mon tout premier trail que je devais décider de prolonger mon séjour à la découverte de ce beau pays.

Il y a un an, j’aurais presque pu en rire car ceux qui me connaissent savent à quel point j’ai pu détester courir. Et à vrai dire, je maintiens toujours que si j’habitais quelque part, j’abandonnerais sûrement le running car m’entraîner en intérieur sur tapis de course ou courir 3 fois par semaine dans le même parc, très peu pour moi, je trouve ça chiant à mourir.

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Non, la course à pied telle que j’y ai peu à peu pris goût ces derniers mois, c’est ce que j’appellerais le « running touristique ». Arriver dans un nouvel endroit et plutôt que de prendre le bus ou même de marcher, partir à sa découverte mes baskets aux pieds. Ce qui je le concède est bien souvient synonyme de « me perdre » mais après tout que serait le plaisir de la découverte sans cela. 😉

Et puis l’idée saugrenue m’est venue de concrétiser tout ça par quelque chose d’officiel, un défi que je me fixais à moi-même. Mais un défi qui devait me correspondre, en challengeant toutefois la fille qui il y a encore 3 mois n’avait jamais couru plus de 5 kilomètres, et encore pas sans s’arrêter. ^^ C’est ainsi que l’idée du trail, c’est-à-dire de courir dans la nature, m’est venue.

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Le hasard faisant bien les choses, alors que l’idée me trottait dans la tête depuis un moment, c’est finalement sur les épreuves du marathon de Edsåsdlen que je devais tomber. J’ôte tout de suite le suspense, non ce n’est pas sur la distance marathonienne de 42 km que je me suis lancée mais bien sur la plus petite épreuve, le quart de marathon. (13 kilomètres tout de même)

C’est ainsi que le 8 août dernier, pas vraiment sûre de moi, je prenais place sur la ligne de départ de l’épreuve. Je n’étais alors vraiment pas rassurée, car même si je me savais désormais capable de courir ces fameux 13 km (j’avais quand même été assidue à l’entraînement et déjà couru jusqu’à 16 km une fois) subsistait une certaine appréhension face au dénivelé.

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En effet, même si c’est justement ce que je cherchais, à casser la monotonie que peut avoir une course sur bitume, il n’empêche que les 600 mètres de dénivelé qui m’attendaient ne me réjouissaient alors vraiment pas plus que ça… Pourtant, une chose est sûre, avec le recul, je peux vous dire que j’ai survécu ! 😉

Tout d’abord, il faut savoir que nous étions tellement nombreux au départ de la course et le chemin de trail tellement étroit qu’il était en fait tout simplement impossible de courir dans un premier temps. Il m’a fallu profiter de quelques endroits un peu plus larges pour commencer à doubler un peu et adopter une allure si ce n’est de course, du moins de « marche rapide en montée ».

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C’est en effet une chose à laquelle je ne m’attendais pas mais certains participants faisaient la course ni plus ni moins qu’en tant que randonnée. Cependant, une fois ceux-ci doublés devaient se dessiner quelques petits groupes motivés à s’attaquer à la montagne, avec toutefois une allure plus que modérée, afin vous savez, d’arriver au sommet, sans crever de préférence. ^^

Je pense que sur cette première partie, j’aurais largement pu pousser plus mais il m’aurait fallu pour cela être dans l’avant du sas de départ afin de ne pas être bloquée. Toujours est-il que cela m’aura permis d’arriver au point de ravitaillement du 4ème kilomètre en ayant encore pas mal de forces, et d’ainsi attaquer la partie « plate » avec beaucoup plus de motivation.

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Tellement de motivation d’ailleurs que c’est en mettant en plein les pieds dans une marre de boue que je devais carrément y laisser mes chaussures – pourtant bien serrées. Un grand moment de solitude en me retrouvant les deux chaussettes dans la gadoue, heureusement aidée par la solidarité d’une autre participante qui devait m’aider à remettre mes souliers trempés…

Des anecdotes marrantes dans le genre je pourrais vous en sortir plein, comme celle des « gummy bears » fondus retrouvés dans la poche de mon sac de trail quelques jours plus tard, ou même cette petite fille d’à peine 12 ans je pense qui courrait avec sa mère (j’emporterai dans la tombe le fait qu’elle m’ait doublée à un moment, j’ai fini avant elle au final na ! :P)

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Mais ce que les mots ne pourront jamais décrire, c’est ce paysage si extraordinaire dans lequel j’ai couru. Ces montagnes à perte de vue, ce panorama à couper le souffle qui se découpe lorsque vous arrivez au sommet. Cette nature indomptée dans laquelle je me suis sentie si minuscule, ce sentiment de liberté qui m’a prise aux tripes à courir par monts et fossés…

Les derniers kilomètres, passé le 10ème kilomètre, quand la descente s’entame, que le rythme s’accélère, les jambes s’emballent… La tête se vide, la respiration devient mécanique, le mental prend le relais. Les mots me manquent pour exprimer ce sentiment de communion avec la nature que j’ai alors pu ressentir, cette liberté à courir et sentir le vent fouetter ma peau.

Ce n’est que sur la toute fin, les quelques dernières centaines de mètres, où alors qu’on revient à la civilisation, les encouragements des badauds présents incitent à donner tout de qu’il reste, qu’on passe, complètement haletant la ligne d’arrivée. A bout de souffle, les poumons en feu, les palpitations témoins d’avoir tout donné. 2h15 plus tard, retour à la réalité.

Pour les informations pratiques, le AXA Fjällmaraton existe en plusieurs formats : quart, semi et marathon complet – distances de 13, 27 ou 43 kilomètres – ainsi qu’en « défi vertical » (mais à mon avis celui là si vous tenez à la vie, vous oubliez) et a lieu chaque année début août. Pour mon inscription, j’ai dépensé 450 SEK soit environ 47 €.

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Le principal problème étant d’arriver jusqu’à Edsåsladen qui est en fait une charmante petite station de ski. Le bon côté étant qu’il y a des options de logement pour toutes les bourses puisqu’il y a une auberge de jeunesse ainsi qu’un hôtel ! J’ai eu la chance d’être invitée à loger dans ce dernier pendant mon séjour et c’était idéal pour récupérer du trail. (950 SEK soit 100€ la nuit en chambre privée pour 2 personnes)

Notamment grâce au petit déjeuner buffet de champion qui à défaut d’avoir des dinosaurus, propose tout de même un beau choix de charcuteries, fromages et autres trucs salés à tartiner, ainsi que pour les adeptes du sucrés, de quoi se faire un bon yaourt surchargé de toppings tous plus délicieux les uns que les autres.

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Mention spéciale à la piscine de l’hôtel dont la vue laisse rêveur, même si personnellement, c’est au coin du feu que j’ai eu le plus de plaisir à me coller pour travailler ou écouter le talentueux musicien qui était venu donner un concert. Par contre, prévoyez le coup, il n’y a rien pour faire vos courses sur place donc à défaut ce sera souper à l’hôtel.

Un repas du soir un peu onéreux à 230 SEK (soit  environ 24 €) mais qui comprend entrée, plat et dessert avec la possibilité de se resservir jusqu’à satiété. (N’oubliez pas de réserver si vous ne voulez pas devoir attendre le second service)  Pour information, la grosse ville la plus proche par laquelle vous passerez forcément est Östersund.

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On en reparlera plus tard mais pour y arriver, la plupart du réseau de bus ou train de Suède passe par Stockholm, sauf si vous décidez de prendre entre Mora et Östersund le célèbre Inlandsbanan. Un train si petit qu’il en paraît presque ridicule de prime abord, mais qui bien que touristique (et rempli d’une clientèle dirons nous… âgée ^^) passe au milieu des superbes paysages de la nature suédoise préservée.

Une chose est sûre, j’ai vraiment adoré cette expérience et je n’hésiterai pas à me lancer à nouveau sur un tel projet l’année prochaine. L’avantage c’est qu’il en existe pas mal en Europe, que ce soit dans d’autres pays nordiques comme la Norvège ou même de manière plus proche dans les Alpes. Et qui sait, j’augmenterai peut-être la distance… Qui m’accompagne ? 😉

Disclaimer : j’étais pendant ce séjour l’invitée du complexe hôtelier d’Edsåsdalen et mon trajet en train Inlandsbanan a été offert mais les opinions exprimées ici restent les miennes, honnêtes et sincères. Certaines des photos sont celles des photographes officiels du AXA Fjällmaraton.

10 Commentaires

  1. Quelle belle expérience ! Bravo ! 🙂
    Je pense de plus en plus souvent au trail également (et le plus long que j’ai couru c’est 8km…) justement pour ce côté nature, “touristique” et du coup ton expérience me fait carrément rêver !
    Je vais me renseigner pour voir ce qu’il est possible de faire en Europe 😉

  2. […] J’avais jusqu’à présent été assez silencieuse sur mon aventure en Suède de l’été dernier. Pourtant, je dois reconnaître que cela a été un de mes voyages préférés de l’année, notamment de par son côté un peu sauvage et carrément imprévu. En effet, lors de ces quelques semaines qui devaient m’emmener dans ce beau pays nordique, peu de choses étaient finalement planifiées d’avance, si ce n’est ma participation à un trail. […]

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