Les yeux fermés…

Quand les premières notes de la mazurka retentissent, qu’il est facile de fermer les yeux… De se laisser nonchalamment porter au son de la mélodie. De ne plus penser à rien, de tout oublier. Ses joies passées, ses soucis, ses incertitudes pour ne se concentrer que sur l’instant présent.

Les paupières baissées, la posture droite et ferme dans les bras de son cavalier, la main gauche délicatement posée sur son épaule et la main droite ni trop fermement, ni trop mollement logée au creux de sa main, à l’écoute, tout simplement. Qu’il est si facile et si difficile de se laisser aller.

Fermer les yeux, pour mieux ressentir. Cette chaleur de deux corps qui s’entrelacent voluptueusement sur la piste de danse, faisant fit de tous ceux autour – comme s’ils étaient seuls au monde – dans un ballet des plus intimes. On aurait presque l’impression de les regarder faire l’amour…

Sentir le souffle court et un peu rauque de la respiration de son cavalier au creux de sa nuque. Les battements de ces deux cœurs si proches le temps d’une danse. Sentir son propre cœur s’emballer, s’abandonner à cette sensation grisante de liberté, presque comme de s’envoler…

1, 2, 3, mazurka… Tourner. Tourner encore. Parfois rapidement à s’en donner le tournis. Parfois au contraire tellement lentement que le temps semble s’arrêter. Jusqu’à se sentir soulevée, laissant à peine son pied effleurer négligemment le plancher. Avant de se reposer, et recommencer.

Espérer que cette danse ne termine jamais et vouloir rester dans cette autre réalité si troublante. Puis entendre les dernières notes, celles là mêmes qui s’étirent, s’évaporent. Jusqu’à disparaître dans l’immensité du ciel étoilé, faisant de cet instant un moment si magique, si unique.

Ce moment où l’on serre peut-être un peu trop fort son cavalier, et lui de même. Où pour un instant de plus, notre visage reste enfoui dans sa poitrine. Respirer intensément, les yeux toujours fermés, le cœur battant la chamade et trop sous le coup de l’émotion pour le laisser déjà partir.

Et puis se réveiller. Ouvrir les yeux et plonger son regard dans celui de son partenaire, sans même avoir besoin de formuler à voix haute cette reconnaissance de la beauté et de l’unicité de cet instant partagé. Sourire, d’un de ces sourires à la fois si profondément heureux et mélancolique…

Puis déjà, passer à la prochaine danse. Une valse, une scottish peut-être ? Ou bien un de ces grands cercles où tous se tiennent main par la main, dans une sorte de communion que seules la musique et la danse savent si bien créer. Sourire, sourire encore, fermer à nouveau les yeux. Et danser. Encore, toujours un peu plus. Mais ne jamais s’arrêter de danser.

Crédits : photos prises par Julien Wieser au festival Boombal 2015.

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  • […] surtout, je veux vivre quelque part où je puisse laisser libre court à ma passion pour la danse folk, faire partie d’une véritable communauté qui se retrouve pour danser chaque semaine. […]

  • Qui se cache derrière ce post ???
    On danse la prochaine mazurka ensemble ???

    • Avec grand plaisir ! 🙂

  • […] profondes qu’en voyage, être présente pour ceux que j’aime, approfondir des passions comme la danse et la […]

  • J’aime beaucoup cet article, on se laisse bercer… Ca donne envie d’essayer en tous cas ! 🙂

  • […] pour mon organisme que je pousse parfois dans ses derniers retranchements. Alors j’essaye de relâcher la soupape en allant danser, la seule bulle d’oxygène que je m’accord vraiment dans la […]

Toi aussi laisse ton petit brin d'herbe...