Never let me go…

Il est des films qui vous laissent dans un état bucolique, pas vraiment triste… mais pour le moins songeur. Never Let Me Go fait partie de ceux là…

J’avoue, l’idée de regarder ce film m’est en grande partie venue à cause de la présence de Keira Knightley (Ruth) au casting. Mais à ma grande surprise, alors que j’avais trouvé dans Last Night une jeune femme pétillante, elle m’est apparue ici plutôt effacée au profit de l’autre actrice féminine du film, Carey Mulligan (Kathy).

Car il ne faut pas s’y tromper, c’est bien cette dernière qui donne toute l’énergie au trio formé avec Andrew Garfield (Tommy). Un trio que l’on voit évoluer au fil des années… se construite, se détruire, se perdre, se retrouver… au hasard du destin bien particulier qui est le leur…

Leur histoire nous est contée par Kathy, 28 ans, qui se rappelle son enfance et sa vie depuis son arrivée à la pension Hailsham. La science a fait beaucoup de progrès et le clonage humain permet d’avoir des organes à disposition pour les transplantations. Kathy, Ruth et Tommy ont été créés dans ce but : à l’âge adulte, ils commenceront à faire des dons jusqu’à « l’achèvement », c’est-à-dire leur mort.

Et c’est là toute la force de ce film, car alors que nous sommes clairement dans le domaine de la science-fiction, tout ce qui touche à la technologie est délibérément mis de côté (à l’inverse du film The island, ou nous étions clairement dans un univers blanc, automatisé, aseptisé…) pour mieux laisser les émotions s’exprimer.

Ici, le calme de la paisible campagne anglaise est omniprésent, aucun gadget futuriste ou technologie de pointe…  Ainsi, sans jamais être clairement énoncé, Kathy, Ruth et Tommy savent pertinemment ce qui les attend, et même pire, ils l’acceptent. Pas de question, pas de révolte, une entière acceptation de ce qu’ils savent être “leur devoir”.

Alors oui, on a envie de leur crier dessus, de leur dire “mais qu’est ce qui vous retient, fuyez!”. Mais au final, on est bien contents qu’ils restent avec nous, car cela ne les empêche pas d’être humains, d’avoir des sentiments et de vouloir vivre comme tout le monde… Cahin cinha, notre trio a du mal à trouver son équilibre, entre amitié et amour… (je n’en dirais pas plus)

En conclusion, sans aller jamais sur le terrain des considérations de jugement autour du clonage (le débat n’est clairement pas là), Never let me go, c’est 3 destins intimement liés racontés autour de ce drame pessimiste sur l’absurdité existentielle

Une belle histoire, mais qui personnellement me laisse un petit goût de regret dans la bouche… Mais je ne saurais vraiment le reprocher au film car s’il est ce qu’il est, c’est justement parce qu’il ne se sent pas obligé de montrer de côté happy ending

A découvrir sans trop se poser de questions, mais si vraiment vous voulez réfléchir après coup, je vous recommande largement les analyses de Cinéaddict et de Leveilleur.

Sortie en France le 2 mars 2011.

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  • J’irais surement le voir pendant le printemps du ciné.

  • ça a l’air démentiel ! tentant ! je note precieusement. je le verrai à coup sûr !!

  • Je l’ai vu très récemment aussi ce film, et j’ai été touchée d’une certaine manière.
    C’est vraiment un film en décalage avec ce que l’on voit habituellement, je dirais qu’i lest touchant, étrange parfois, absurde (au sens propre) du terme, fascinant et aussi flippant, car ces destins sont d’une tristesse… la fatalité comme sujet créé de bons films…
     
     

  • Et voilà, encore un film à aller voir, va vraiment falloir que je me libère du temps. ^^

  • J’avais lu le livre et pour le moment, je n’ai pas vu le film. Auprès de moi toujours m’avait beaucoup plu même si je n’avais compris que très tard quelle allait être la fin des personnages.

Toi aussi laisse ton petit brin d'herbe...