Quitter le Canada : comment clore un chapitre de sa vie en toute sérénité.

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Voilà, c’est décidé, la Canada c’est fini pour vous, vous avez décidé de rentrer en Europe. Une page de vie se tourne, et pour préparer au mieux votre retour sereinement, mieux vaut ne rien oublier des formalités administratives chiantes, mais indispensables à boucler avant le départ final. Aller, on essaye de faire un petit récapitulatif ?

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3 mois avant : résilier en avance les services qui ont votre caution.

Chose que j’aurais aimé savoir d’avance, lorsque vous décidez de résilier votre abonnement Communauto, il faut rendre votre set de clefs en mains propres ou par courrier. (ce qui n’est pas pratique quand les dîtes clefs sont restées à Montréal et que vous êtes en voyage…) Car détail non négligeable, c’est seulement à partir de ce moment là que court un délais de 3 mois au bout duquel on vous rembourse votre caution.

Caution qui vous est envoyée par chèque. Alors bien sûr, il existe la possibilité de vous faire envoyer ce chèque dans votre pays d’origine, mais cela induit forcément des frais bancaires. Donc si c’est possible pour vous, prévoir le coup en avance pour toucher le remboursement sur votre compte canadien, c’est idéal. Car non, pas la peine de les appeler, ce délais est incompressible ! (j’ai essayé, en vain ^^)

2 mois avant : acheter votre billet d’avion.

Assurément la plus grosse dépense liée à votre retour, il peut être intéressant d’utiliser un moteur de recherche afin de trouver le billet d’avion le moins cher possible. Si vous êtes flexibles sur la date, je vous conseille notamment de jeter un œil du côté de l’outil Vision Vol de Momondo, qui sous forme d’infographie vous permet d’avoir une bonne vision de la situation pour faire un choix éclairé.

En effet, c’est en analysant des millions de données que Momondo a retenu les 6 critères qui impactent le plus le prix d’un billet d’avion : la compagnie aérienne la moins chère, le meilleur moment de la journée / de la semaine / la meilleur saison pour partir, le trajet et le nombre de jours avant le vol.

C’est ainsi qu’on constate que les mois de l’année les moins chers pour voler faire un Paris / Montréal sont novembre et février, tandis que les plus chers sont juillet et décembre. (pas étonnant avec tous les français qui rentrent pour l’été ou pour Noël ^^) et que les compagnies aériennes les moins chères sont Royal Air Maroc, Corsair et Air Transat.

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Seul hic, voler avec Royal Air Maroc vous oblige à faire une escale… au Maroc. ^^ Et Corsair n’opère malheureusement pas toute l’année. Par expérience personnelle, je vous conseille Air Transat, notamment car il est possible de prendre l’Option Plus qui pour à partir de seulement 50€, vous permet de transporter 10 kilos de bagages en plus (non négligeable quand vous devez ramener votre vie) qui seront également livrés prioritairement à l’arrivée.

A noter également que cette option permet de bénéficier de l’enregistrement prioritaire, ainsi que du passage à la sécurité dans une file prioritaire sur le côté (ce qui n’est pas négligeable quand il y a 25 minutes d’attente et qu’on veut profiter au maximum des derniers instants avec nos amis canadiens) et de l’embarquement prioritaire.

Autrement dit, rapport qualité / prix, ça vaut souvent le coup de choisir cette option plutôt que de payer 100$ pour un deuxième bagage en soute. Surtout qu’il y a encore d’autres petits avantages comme une trousse comfort – avec coussin gonflable, couverture, masque, bouchons d’oreilles, écouteurs – et que les vols sont maintenant équipés d’écrans individuels.

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1 mois avant : trouver quelqu’un pour reprendre votre bail.

Même si généralement, votre propriétaire ne pourrait rien faire si vous partiez du jour au lendemain (le bonheur de ne pas laisser de caution ^^), il est quand même plus correct de chercher quelqu’un pour reprendre le bail sur lequel vous étiez engagé si vous décidez de quitter alors que celui ci est toujours en court.

En effet, au Canada, vous êtes généralement engagés sur un bail d’un an, peut importe si vous décidez de prévenir en avance, il y a peu souvent d’histoire de préavis, vous êtes engagés jusqu’à la fin du bail, point. Votre solution est alors en règle générale de faire une sous location ou une cessation de bail.

Vos meilleurs amis : les groupes Facebook de français expatriés à Montréal, car on a beau dire, c’est la population qui connaît le plus gros taux de turn over dans la ville. Autrement dit, dans ces groupes il y a toujours des gens qui cherchent, et vous, ça fait bien votre affaire. Dans le même style, pensez aux annonces du site PVTistes.

Pour maximiser vos chances de trouver, ne négligez également pas de poster votre annonce sur Kijiji ou Craiglist, si possible dans les 2 langues car vous ne savez jamais si votre interlocuteur sera francophone ou anglophone ! Je ne vous cache pas que la plupart des logements se libèrent au 1er Juillet, mais tout est possible.

2 semaines avant : vendre ce que vous ne pouvez pas emporter avec vous.

Là encore, comme pour votre logement, postez vos annonces sur Facebook, PVTistes, Kijiji, Craiglist. Car non, quand il s’agit de faire vos bagages et de ramener votre vie avec vous en Europe, il n’est pas question de garder autre chose que l’essentiel. Tout ce qui est superflu, on vend ! Un bon moyen de récupérer quelques sous et de faire le bonheur des nouveaux arrivants.

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1 semaine avant : se désinscrire de la RAMQ.

Si vous êtes restés plus longtemps qu’une année en PVT, vous vous êtes probablement inscrit à la sécurité sociale québécoise : la RAMQ. Au moment de rentrer en Europe, sachez qu’il vous faut demander votre radiation pour obtenir le fameux formulaire SE 401-Q-207 qui vous permettre notamment de vous réinscrire à la CPAM en France sans aucun délais de carence.

Sans ce formulaire (que vous avez normalement aussi pu obtenir dans l’autre sens lors de votre arrivée au Québec) vous auriez 3 mois de carence, donc mieux vaut y penser. Vous n’êtes pas obligés d’attendre la dernière minute pour vous rendre aux bureaux (425 Boulevard de Maisonneuve Ouest , #300 à Montréal) car on vous laissera votre carte soleil ou une attestation de couverture.

A votre retour en France, selon votre situation, il vous faudra peut-être vous inscrire à Pole Emploi si vous y avez des droits, ou éventuellement vous faire prendre en charge par un de vos parents, voir demander la couverture de la CMU. Chaque cas est spécifique donc renseignez vous bien pour ne pas risquer de ne pas être couvert !

La veille : Fermer son compte en banque.

Si vous savez que vous quittez définitivement le pays, fermer votre compte en banque semble logique. Pensez à vous présenter à votre succursale avec 2 pièces d’identités et un relevé d’identité bancaire de votre compte dans votre pays d’origine pour transférer votre argent par virement international.

Toutefois, si vous n’êtes pas sûr de ne pas revenir et/ou que vous avez besoin de laisser votre compte ouvert car c’est plus simple pour toucher certains remboursements, sachez qu’il est généralement possible de faire une procuration sur votre compte au profit d’un de vos amis restant au Canada, qui pourrait le cas échéant, fermer le compte en votre nom.

Seul bémol, vous continuerez bien souvent de payer des frais mensuels à moins d’accords spécifiques avec votre banque. Renseignez vous car il est généralement possible de ne pas le payer en échange d’une somme minimum de roulement à laisser sur votre compte. Par contre, il ne faut pas que cela vous gêne de laisser un peu d’argent bloqué de côté.

Bonus : payer ses impôts.

Si vous partez avant le 30 avril de l’année, n’oubliez pas votre déclaration d’impôts ! (et également de signaler votre changement d’adresse à la fois aux impôts canadiens et à ceux de votre pays d’origine) Bon à savoir, si ce n’est pas la première année que vous déclarez vos impôts au Canada, il est possible de le faire en ligne, pas mal plus pratique que par courrier.

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Je n’étais pas concernée mais si vous vous étiez inscrits au consulat au registre des Français de l’étranger et des listes électorales, pensez également à vous faire radier. Si vous détenez un permis de conduire québécois, pensez également à demander à la Société d’Assurance Automobile du Québec (SAAQ)  votre « dossier de conduite ».

N’oubliez également pas de résilier tous vos abonnements divers et variés : transport, gym, forfait téléphonique… J’avais « la chance » de ne plus avoir aucune de ces contraintes lors de mon retour à Montréal, mais si c’est votre cas, renseignez vous bien sur les délais et les conditions de résiliation pour ne pas vous retrouver à payer après votre départ.

Il ne vous reste ensuite plus qu’à tout faire tenir dans un ou plusieurs sacs, prier pour ne rien avoir oublié, organiser une petite fête de départ avec tous vos amis, pleurer toutes les larmes de votre corps à l’aéroport, monter dans cet avion à sens unique vers “la maison”, et recommencer une nouvelle vie, ailleurs.

Et toi, tu as déjà vécu un retour après une expatriation ?

7 Commentaires

    • @Bruno Votre Tour du Monde clairement oui, à chaque fois que j’ai regardé c’était de loin les moins chers…

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