Tourisme de masse et environnement : quel est l’impact des blogueurs voyage ?

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Alors que je viens de fêter de Noël en famille et que la fin d’année s’approche, je ne peux m’empêcher de regarder 2018 dans le rétroviseur avec beaucoup de questionnements quand à ma place de blogueuse voyage aujourd’hui. Quand on sait que désormais, 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont dues au tourisme – selon une étude prenant en compte transport, alimentation, hébergement et achats des voyageurs – on se demande comment il est encore possible de concilier tourisme et environnement.

Que dire de ces destinations telles que les Maldives, les Seychelles ou l’île Maurice qui constituent des destinations exotiques très prisées des vacanciers et où le tourisme de masse génère « de 30 % à 80 % » des émissions nationales de CO2 ? Et les dix-sept tonnes de déchets et d’excréments humains qui sont redescendus tous les ans de l’Everest, à dos de sherpas, on en parle ou pas ? Depuis les années 1970, les impacts négatifs du tourisme de masse sont reconnus et dénoncés, pourtant personne d’agit.

Entre l’impact social avec la gentrification (phénomène d’appropriation d’un quartier populaire ou défavorisé par une population plus aisée avec pour conséquence l’augmentation des loyers), l’impact culturel avec l’uniformisation des métropoles et l’impact environnemental avec la bétonisation, la surconsommation d’eau douce, l’érosion des sols, la gestion des déchets, la menace des biodiversités… l’afflux massif de visiteurs représente aujourd’hui un fléau pour certaines destinations telles que Venise, Barcelone ou Amsterdam.

Quand on sait que seul 5 à 10% de la population mondiale peut se permettre de voyager, et que le gros des émissions CO2 en raison du tourisme est émis par des touristes du Nord, si on se sent un tant soit peu concernés par l’avenir de notre planète, alors on se remet en question. Cela a été mon cas lors de mon voyage en Irlande du Nord. A l’aube de mes 30 ans, c’est finalement dans le pays dans lequel j’avais toujours rêvé de voyager que je me suis pris une grosse claque.

Cette prise de conscience, je l’ai eu lors du salon des blogueurs STS Belfast, un salon anglophone auquel je participais pour la première fois. Un premier choc pour moi car si j’ai maintenant l’habitude du salon des blogueurs voyage francophones où je me sens comme à la maison, je me suis au contraire sentie totalement à côté de mes pompes lors de ce salon, et je ne suis pas la seule, heureusement mes autres amis blogueurs francos présents m’ont aidé à réaliser que nous étions sur la même longueur d’ondes.

Car si oui dans cette salle, certains blogueurs anglophones étaient rendus à nous parler de comment obtenir un salaire à 100 000€, pourquoi nous devrions embaucher des gens à 4$ de l’heure pour sous traiter notre blog… Moi, je ne me suis absolument pas reconnue dans tout ça, et cela a été l’occasion d’ouvrir entre blogueurs francophones de très intéressantes discussions sur le sujet du tourisme de masse, dont le terme français ne reflète d’ailleurs pas totalement l’équivalent de l’anglais “over-tourism” à mon goût.

Une prise de conscience par rapport à notre rôle en temps que blogueurs, qui nous a poussé à nous interroger sur l’impact que nous pouvions avoir sur une destination lorsque nous décidons d’en faire la promotion. Soyons honnêtes, certains pays, certaines villes n’ont aujourd’hui aucun besoin de recevoir plus de touristes car la qualité de vie des habitants souffre déjà largement de la sur-population de touristes. C’est notamment le cas de l’île de Skye où bien que je m’y sois rendue il y a deux ans de cela, je n’en ai jamais parlé sur le blog…

Je crois qu’il y a aujourd’hui une réelle réflexion à avoir autour de ces problèmes. A terme, devra t-on pour réguler instaurer des systèmes de quotas partout ? Tel le PVT Canada afin que le Québec ne soit pas pris d’assaut par tous les français croyant que l’herbe est plus verte ailleurs ? Comme le site de The Wave dont j’avais partagé quelques photos dans cet article, qui limite par loterie l’accès à seulement 20 touristes par jour ? Peut-être bien si c’est le moyen de sauvegarder ces lieux magiques…

Mon propos aujourd’hui ne sera pas de fournir un guide pour blogueurs de bonnes pratiques, non pour cela il faudra se rendre au salon des blogueurs francophones qui aura lieu cette année à Lille début avril 2019, car j’y redonnerai pour la troisième fois ma conférence sur le voyage éco-responsable avec Emma du blog Planet Addict et nous participerons également à une table ronde sur l’éthique et la responsabilité des blogueurs !

Car oui, si en 2018 j’ai fait le choix de suivre mes envies du moment, en regardant derrière moi je me sentais au fur et à mesure des mois de plus en plus en face de ce qu’on appelle en psychologie une “dissonance cognitive” c’est à dire un conflit interne que l’ont vit lorsque deux pensées qui ne nous paraissent pas congruentes s’affrontent dans notre esprit. Où alors quand une de nos pensées ne cadrent pas dans notre système de croyance ou avec notre comportement.

Je te le donne dans le mille. Moi qui prêche ici pourtant le voyage éco-responsable, j’avais en 2018 pris autant pour des raisons personnelles que professionnelles (je pense notamment à ce voyage à l’île Maurice et Madagascar en mai) choisi de prendre l’avion bien trop de fois cette année… notamment pour venir à ce dit salon de blogueurs en Irlande alors que j’étais quelques jours plus tôt à Tenerife que j’avais pourtant rejoint en voilier… discordance entre valeurs et actions réelles, j’étais en plein dedans je crois !

On parle souvent de ces rencontres marquantes qui arrivent en voyage… celle de Martin et Anatole en fait partie. Ces deux jeunes français se sont en effet donné l’objectif de faire le tour du monde sans moteur en 5 ans, et c’est à Tenerife en arrivant de mon voyage en voilier deux mâts que je devais croiser leur route alors qu’armés de vélos, ils cherchaient à traverser l’Atlantique en bateau-stop pour rejoindre le Brésil.

C’est lors de mon dernier soir aux îles Canaries que nous devions nous engager dans une discussion qui marqua un tournant pour moi. Une discussion qui pourtant sans être dans le but de base de me culpabiliser, devait me mettre face à mes propres contradictions par rapport aux valeurs que je défendais vis à vis de mes actes. Peu à peu je réalisais que suivre uniquement les opportunités sous prétexte qu’elles se présentaient à moi ne faisait pas forcément de sens !

Nous avons notamment beaucoup parlé de notions telles que la temporalité, c’est à dire qu’aujourd’hui en sautant dans un avion pour aller en seulement quelques heures d’un bout à l’autre de la planète, nous perdons toute la valeur du voyage en tant que tel, tout repère vis à vis du fait de “mériter” d’arriver quelque part… En quelque sorte, nous nous “téléportons” d’une destination à une autre, pour parfois seulement quelques jours, sans chercher à savoir si cela nous convient vraiment.

Moi la première je l’ai fait, alors que pourtant j’estimais être avertie sur la question. J’ai peu à peu perdu le sens premier de mes voyages pour que ceux ci ne deviennent qu’une série de découvertes certes exceptionnelles, mais vidées de leur sens… C’est ainsi que je me suis retrouvée à Dublin, après un séjour à Belfast et en Irlande du Nord sans vraiment en profiter car j’avais eu l’impression de ne pas être à la bonne place, à me questionner sur la façon dont je voyageais.

J’avais beau être dans ce pays dont je rêvais depuis longtemps, je me rendais compte qu’à courir partout j’avais emmagasiné une fatigue physique et émotionnelle qui m’empêchait tout simplement d’en profiter, le tout sans être raccord avec mes convictions que je tenais de plus en plus à respecter ! C’est après cette semaine seule à Dublin chargée en introspection que je devais prendre la décision non seulement de rentrer plus tôt en France, mais aussi de tout simplement annuler mon voyage au Brésil prévu deux mois plus tard…

En effet, je devais m’y rendre à bord de la Nomad Cruise 8, qui devait rallier Barcelone en Espagne à Recife au Brésil en novembre dernier. Un concept qui m’avait à la base séduite car c’était l’occasion rêvée de rencontrer plusieurs centaines de digital nomads qui allaient prendre en même temps que moi cette croisière pendant laquelle étaient organisés conférences, ateliers, networkings et autres activités pour faire connaissance…

Sauf qu’entre le moment où j’avais un peu naïvement fait le choix de participer à ce voyage et la date de départ approchant je m’étais peu à peu rendue compte que le fait d’aller passer l’hiver au Brésil ne convenait plus à mes valeurs pour plusieurs raisons. Tout d’abord pour une question écologique quand j’ai appris après quelques recherches qu’un navire de taille moyenne à moteur diesel peut utiliser 150 tonnes de carburant chaque jour, ce qui émet autant de particules qu’un million de voitures.

Je ne le savais pas avant, mes ces particules fines ainsi que le dioxyde de soufre émis par les paquebots peuvent être dangereux pour la santé humaine. En particulier pour les croisiéristes et le personnel de bord certes, mais aussi pour les habitants des zones situées à proximité des endroits où ces bateaux amarrent (la pollution atmosphérique maritime serait ainsi responsable chaque année de 50 000 morts prématurées en Europe selon l’ONG Transport and Environment).

Sans parler de la perturbation des milieux marins par ces monstres des mers, de l’impact de prendre un avion de toute façon pour rentrer en Europe, du fait qu’une croisière ça ne correspond vraiment pas à mes valeurs, notamment en terme de type de voyage vis à vis de la surconsommation omniprésente à bord (bonjour buffet et alcool à volonté ^^). Pour aller faire quoi ? Me poser sur une plage au soleil et manger des bols d’açaï ? Était-ce bien raisonnable ? La réponse qui se dessinait peu à peu à moi était plutôt négative…

J’ai au final compris que les raisons qui m’avaient à la base poussées à me rendre au Brésil n’étaient plus valides, et que remettre en cause ce projet n’était pas un signe de faiblesse mais au contraire de sagesse. Il ne me fallu que quelques jours de plus pour annuler ce voyage, me retrouver d’un coup avec deux mois devant moi totalement vides pour me permettre de souffler, et d’envisager un projet bien plus en accord avec mes valeurs.

Je me suis rendue compte qu’il n’était aujourd’hui pour moi plus envisageable de me déplacer sans cesse sans que cela n’ait de sens. Accepter un blogtrip à l’autre bout du monde pour à peine 10 jours, non je n’ai plus envie de le faire si ce n’est pas pour rester plus longtemps sur place. Prendre l’avion à tout va par facilité, non plus. Partir longtemps loin de ceux que j’aime non, encore moins, j’étais en train de me rendre compte de l’importance de ce lien social de plus en plus présent chez moi…

C’st ainsi que j’ai pris deux décisions. La première : arrêter de prendre l’avion pour un temps. Je ne dis pas que je ne le prendrai plus jamais, notamment pour une urgence familiale, mais jusqu’à nouvel ordre j’ai décidé de me cantonner à l’Europe et je m’interdis de prendre l’avion en particulier pour les vols internes où je privilégierai désormais systématiquement les transports terrestres. (c’était déjà le cas, mais je tiens à renfoncer cette prise de position)

La deuxième : partir au Portugal cet hiver. J’avais envie d’apprendre le portugais, mais pas besoin d’aller au Brésil pour ça ! Je pars dans quelques jours direction Porto pour y passer le mois de janvier, et plus si affinité. ^^ Un voyage qui se mérite car il me faudra 21h de bus pour y arriver, mais surtout avec un but précis car je compte donc y prendre des cours de portugais. Une façon pour moi de retourner sur mes racines car mon père est portugais mais je n’ai jamais appris à parler cette langue.

Et tu sais quoi, depuis cette décision, mon dieu qu’est ce que je me sens mieux. J’ai pu prendre du temps pour moi et surtout retrouver une relative liberté comparé à ce que j’avais pu vivre lors de mon expérience en bateau (certes formidable mais un peu oppressante par moments, mais j’en reparlerai dans un prochain article) et ce que j’ai vécu lors de mon blogtrip en Irlande du Nord qui s’est révélé lui aussi réglé sur du papier milimétré…

Un blogtrip en demi teinte où d’une part je suis très contente d’avoir pu tester des sports insolites et correspondant à mes valeurs, mais où d’autres part j’ai un peu eu l’impression de me faire traîner dans des lieux naturels certes magnifiques à l’origine… mais où j’ai malheureusement vécu une expérience très médiocre, pour toutes les raisons liées au tourisme de masse dont j’ai parlé plus haut dans cet article !

 

En effet, bien que situé dans un site naturel tout à fait exceptionnel, le pont suspendu Carrick-a-Rede n’a pas pour moi été une expérience exceptionnelle pour plusieurs raisons. A commencer par un sentier de randonnée certes accessible mais qui donne l’impression d’être sur une autoroute à touristes, mais surtout par le fait qu’on se retrouve à faire la queue pour pouvoir passer le dit pont tour à tour.

Ceci à la fois pour des raisons de sécurité par rapport au poids que peut supporter le pont (qui était à la base utilisé par les pécheurs), mais aussi pour que chacun puisse avoir sa photo comme celle que je me suis amusée à réaliser en équilibre de pause de yoga au milieu du pont… Cependant, je dois concéder que le lieu était mis à part cela sympa et n’était pas trop blindé en le visitant le matin, en tout cas moins que le site suivant.

En effet, je n’ai pas pu en dire autant pour le site de la chaussée des géants : la Giant’s Causeway. L’histoire raconte qu’un puissant géant du nom de Finn McCool a construit a chaussée pour traverser la mer, et c’est ainsi que ce site géologique issu d’une intense activité volcanique est formé de plus de 40 000 colonnes de basaltes emboîtées les unes dans les autres. (il est en effet le résultat du refroidissement et de l’érosion de coulées de laves successives)

Alors certes, je ne vais pas le nier, le site est vraiment beau et impressionnant. Honnêtement oui, ces colonnes en forme d’hexagone sont vraiment une curiosité, sauf que le site est surpeuplé… Je n’y étais pourtant pas au plus fort de la saison en y étant début octobre, mais j’ai pu me sentir un peu trop envahie de touristes. Rien que le fait qu’il y ait des navettes de bus pour se rendre sur le site (toujours une question d’accessibilité certes) c’est presque un no-go pour moi…

 

Je me suis un peu sentie comme une imposteure lorsqu’on m’a lâché 15 minutes de liberté en me disant “vas-y, on repart à telle heure, tu as le temps de faire tes photos” et que je n’ai au final pas du tout profité de mon expérience sur place, dans le stress de me prendre en photo en train de faire mes pauses de yoga sans avoir trop de touristes derrière moi… Mission quasi impossible, ou alors avec beaucoup de patience, mais dans quel but ?

Le but de montrer une vision qui ne correspond pas à la réalité sur ce blog ? Je me suis alors beaucoup interrogée sur le sens de ce que je faisais, sur cette mise en scène de mes photos de yoga sur Instagram, sur mon rôle de blogueuse. Comment parler de manière positive d’un lieu, d’une expérience qui n’a même pas eu le temps de résonner en moi tellement j’y ai passé un temps bref ? Pourquoi inciter à visiter un lieu qui est déjà largement trop visité… ?

La marge est infime entre le bien que peut faire le tourisme sur l’économie locale en ayant un impact positif au niveau de la création d’emplois par exemple… et les désavantages liés à un tourisme débordant non contrôlé qui commence comme j’en parlais plus haut également à avoir un impact sur l’environnement mais aussi les conditions de vie des locaux. Dans ce sens, vis à vis de la notion de quotas, j’ai apprécié que le dernier site que je visite soit justement uniquement accessible sur visites guidées.

Cela ouvre certes un autre débat, comme celui de se poser la question de s’il est “juste” ou non d’empêcher l’accès libre à un site naturel. Dans certains pays, cette restriction est déjà en place, et je pense qu’aussi tristes que soient ce type de mesure – car elles privent une certaines partie de la population qui n’a pas les moyens financiers de se payer l’entrée de ces lieux – elles permettent une juste régulation du flot de visiteurs comme au Gobbins Cliff Path.

 

Il n’empêche que je sais que ce qui me correspond le plus aujourd’hui, et clairement ce ne sont pas les sites super touristiques, non je préfère de loin les lieux naturels que je peux visiter en ayant la sensation d’être seule au monde… Je ne dis pas que ça ne puisse pas être le cas en Irlande du Nord bien au contraire, et je ne remets pas non plus en cause la beauté des lieux où on m’a emmenée, mais j’ai bien vu là les limites du voyage de blogueurs en groupe…

D’où la résolution depuis de m’en tenir à des voyages professionnels uniquement organisés conjointement avec l’office de tourisme pour être assurée d’un programme qui me corresponde, comme lors de mon séjour au Pays de Bitche. J’ai décidé dorénavant d’être encore plus sélective sur les collaborations que j’accepterai sur ce blog, quitte à en faire moins (ce qui admettons le, était déjà le cas depuis ces dernières années où mon rythme de publication avait sacrément diminué).

Deux mois après cette décision, je me sens de plus en plus en accord avec mes valeurs. Comme si en quelque sorte les choses commençaient à s’aligner, au fur et à mesure que j’ose prendre les décisions les mieux pour moi. Maintenant je réfléchis plus longuement avant de foncer tête baissée. Je ne suis pas encore parfaite et je n’ai pas de but à le devenir, mais je réfléchis de plus en plus à l’impact de mes déplacements et à l’exemple que je donne.

Je ne prends plus l’avion, j’essaye de coordonner mes déplacements pour qu’ils fassent plus de sens, je fais une croix sur certaines opportunités pour mieux me concentrer sur d’autres. Pour moi qui ais toujours eu un énorme mal à faire des choix, apprendre à ne pas disperser mon énergie sans compter est un exercice riche d’enseignements. Peut-être est-ce enfin la fameuse sagesse de la trentaine qui arrive ? En partie du moins car je me sais toujours capable d’un enthousiasme débordant pour ce qui me passionne !

Aujourd’hui, je pars sur de nouveaux projets, dans la continuité de ceux d’avant et pourtant avec pas mal de changements ! Presque un an jour pour jour après avoir écrit cet article sur le nomadisme, pour la première fois je me décide à nouveau à me poser pendant un mois complet dans une destination choisie avec un réel projet, celui d’apprendre le portugais à Porto un projet qui me tient à cœur.

Mais surtout, c’est l’après auquel je pense déjà… ce fameux projet de s’installer en Rhônes-Alpes, à Grenoble plus exactement. M’y installer afin d’y créer enfin ce cocon douillet, dans le but de construire autour de moi une réelle communauté d’amis autour d’activités et de projets qui correspondent à mes valeurs. Je terminerai cet article avec quelques photos de la belle London Derry / Derry lors de mon séjour en Irlande du Nord qui comme tu as pu le comprendre, marqua un réel tournant dans mon année !

 

Un tournant différent est probablement à prévoir sur le blog dans les prochains mois. Je me sens de moins en moins comme une blogueuse voyage à proprement parler, je vais même être honnête, faire des articles juste pour parler de mes voyages en ce moment ça me fait chier. ^^ Non j’ai envie de partager bien plus – et même si le voyage fait aujourd’hui toujours partie des choses importantes pour moi – j’ai surtout envie de partager ce qui touche à mes valeurs dans le domaine de l’écologie et du lien humain !

Petite redirection donc, afin d’incarner aujourd’hui sur ce blog ce qui me tient réellement à cœur, des valeurs proches de l’environnement, du bien-être que je souhaite partager aux plus grand nombre dans le but d’influencer positivement ce monde et servir d’exemple. En gardant toujours en tête le quatrième accord toltèque qui consiste à faire de son mieux ! Pour finir, un peu de lecture avec mes sources par rapport au sujet du tourisme de masse…

Tourisme de masse, quelles solutions ?
➡  Le guide CNN des lieux à éviter en 2018
Ce tourisme qui provoque l’overdose chez les locaux
Le tourisme fait s’envoler le réchauffement planétaire
Tourisme de masse : six hauts lieux qui viennent de légiférer 
Tourisme de masse : quels avantages et quels inconvénients ?
Tourisme pour tous ! Comment la modernité a tué le voyage…

Disclaimer : ce séjour a été réalisé en partenariat avec l’Office de Tourisme d’Irlande du Nord et iAmbassador dans le cadre du salon de blogueurs STS Belfast, mais les opinions exprimées ici restent entièrement les miennes, honnêtes et sincères.

6 Commentaires

  1. Hé ben! T’as sauvé ton âme! si j’puis dire, même si c’est très mélo.
    C’est la coïncidence du timing de ce post qui me fait me permettre d’écrire quelque chose de si franc, puisque j’espère qu’en lisant ce commentaire tu te sentiras fière et soulagée de ton revirement plutôt qu’agressée par mes paroles, qui de fait, ne te concernent plus à présent!!

    J’ai entendu parler de ce blog par quelqu’un qui t’a rencontrée. Cette personne me racontait avec incrédulité cette « nomade » qui se prétend écolo en sillonnant le globe en avion pour son plaisir et son image. Perso parmi toutes les hypocrysies écologiques, j’ai un dédain personnel particulier pour ça, teinté d’amertume bien sûr: par souci d’écologie je ne prends pas l’avion, alors que ma famille, mes amis et mon compagnon habitent tous à 2 heures de vol dans une direction différente… c’est donc plutôt 9 de train que je me tape donc régulièrement. Ah c’est triste, chiant, coûteux, mais ma petite personne mériterait-elle de polluer autant les cieux à elle toute seule, vu le désastre climatique dans lequel on va? Evidemment pas. La tienne et celle des gens que toi et autres bloggeurs voyages inspirent à voler pour un oui et pour un non le méritent-t-elles plus? Evidemment non. D’où ma colère et ma frustration face à un mode de vie que j’envie bien sûr, mais me refuse, car il me semble égoïste et irresponsable.
    C’est donc avec une curiosité un peu malsaine que je suis venue voir ton blog.
    Et je suis tombée sur ça.
    Un post tout récent avec lequel je suis entièrement d’accord, qui fait face avec franchise à tes contradictions passées, et qui coupe d’un coup l’herbe sous le pied à ma colère. Bien joué.
    Il faut de la force et de l’honnêteté pour se remettre en question, et tu l’as fait. Bravo et merci pour ça.
    Un vrai tourisme écolo, local, ou lent: c’est ça qu’il faut promouvoir à l’heure qu’il est pour ne pas nous emmener tous dans le mur. Alors fais-nous rêver avec tes futures balades Grenobloises, déniche-nous des bons plans pour voyager en Europe sur la pointe de nos pieds carbonés, et encourage-nous à devenir de meilleures personnes, plus responsables, comme tu viens de le faire! 🙂 Et avec ceci: je te souhaite bonne continuation!

    • Contente d’avoir finalement pu t’offrir un visage qui te semble cohérent avec mes valeurs alors. Merci pour ta sincérité en tout cas !

  2. Bonjour et bravo pour cette prise de conscience qui semble tarder à venir chez la plupart des blogueurs voyage (et de tous les voyageurs) alors même qu’il y a urgence!

    A mon sens c’est l’éloge permanent du voyage qui a conduit au tourisme de masse car cette activité est très valorisée et valorisante dans l’esprit collectif! Et plus on va loin, plus on donne l’apparence d’être un « vrai voyageur », de réussir personnellement, d’être épanoui, etc. ce qui est stupide!

    Alors certes le voyage forme la jeunesse, ouvre l’esprit, etc. Mais si on va quelque part juste pour se dire ‘j’ai vu/fait ça » et « j’y étais », et sans autre démarche que « d’y être allé et avoir adoré ça », ce n’est pas un voyage, c’est juste un déplacement, aussi plaisant soit-il (et je ne nie pas que ce soit très plaisant, mais il faut à mon sens arrêter de se voiler la face en prêtant au voyage d’autres vertus que le plaisir égoïste qu’il procure, même s’il y a toujours des exceptions).

    Je ne rentre pas dans le débat très agaçant et condescendant « vrai voyageur » vs. « touriste de base » car les deux démarches visent le même objectif d’après moi (à de très rares exceptions près): se faire plaisir, et cela aura la même conséquence: un impact environnemental. Même si l’on choisit d’aller dans un coin reculé et peu fréquenté, l’impact existe, c’est comme ça.

    En fait il faut assumer que nos kiffs personnels se fassent au détriment de l’environnement, et arrêter de se trouver des excuses. Alors même si on a la passion du voyage, si on aime vraiment la planète, la plus belle chose qu’on puisse faire pour elle, s’est d’accepter qu’on ne pourra pas en voir tout ce que l’on rêve d’en voir, et qu’un peu d’humilité serait nécessaire. Alors oui, c’est nul, ça fait chier, mais c’est comme ça, il faut l’accepter, Le seul moyen de sortir de l’impasse est de faire le deuil de certains rêves personnels car on est peu de chose.

    Bref, je digresse… tout ça pour dire que j’espère que les prises de consciences de ce type vont continuer!

    Bonne journée!

    • Merci pour ton message, je pense qu’effectivement il faut que nous sortions tous de cette sorte d’éloge permanent du voyage comme tu dis. Je crois que comme toute chose, dès qu’on ne la consomme plus avec modération, le voyage perd de son charme car il devient trop banal et on en vient à moins l’apprécier… Tu vois c’est “bête” mais aujourd’hui je n’ai pour l’instant plus envie de voyager mais plutôt de découvrir en profondeur un lieu en y habitant comme à Porto en ce moment. 🙂

  3. Et bim dans le mille !
    Je n’ai jamais autant pris l’avion qu’en 2018 alors qu’à cote de ca, j’ai changé pas mal de mes modes de consommation pour être en adequation avec le monde et moi meme… Alors oui, je me pose un tsa de questions sur cette dissonance et ton article éclaire ma pensee. Alors merci à toi Claire !

    • Merci à toi de te poser également les bonnes questions, je sais que le cheminement n’est pas évident quand on commence à se questionner sur le sujet. N’hésite pas si tu as envie d’en discuter, on est tous en train de pas mal réfléchir sur le sujet je crois…

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