Le voyage te change. Laisse-toi le droit de changer.

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Laisse toi le droit de changer de vie, le droit de changer d’avis. N’écoute pas cette petite voix qui te dit que c’est impossible, que tu as déjà un chemin tout tracé, décidé par la société ou même par ton entourage ou ton “toi d’avant”. Laisse-toi la possibilité d’évoluer, car rien n’est plus oppressant que l’illusion d’un destin écrit d’avance… Comme le disait si bien Héraclite : “Rien n’est permanent, sauf le changement. Seul le changement est éternel.”
Alors que je rentre de 6 semaines de voyage, je sais d’ores et déjà que mes perspectives ont changé. Bien entendu, je pourrais presque dire que je m’en doutais un peu avant même de partir, autant parce que mes amies qui me connaissent par cœur l’avaient en partie “prédit”, que par intuition de celle qui a déjà voyagé maintes et maintes fois, et qui en est à chaque fois revenue différente, changée, grandie.

Différente, tout en étant la même. Le voyage a sur moi ce pouvoir d’aiguiser mes sens, de m’ouvrir à une infinité de rencontres et de possibilités qui tout en m’effrayant, me rassurent étrangement sur le fait que rien n’arrive jamais par hasard. Je n’ai que rarement de regrets sur le passé, et je peux aujourd’hui dire qu’aussi dures qu’aient été chacunes des épreuves de ma vie, il me fallait en passer par là pour devenir celle que je suis aujourd’hui.

Je ne te cache pas que ces derniers mois ont été très durs pour moi, parsemés de doutes sur la personne que j’étais. Sans prendre garde, j’avais laissé fondre – lentement mais sûrement – comme neige au soleil une des choses les plus précieuses qu’il m’ait été donné de posséder : ma confiance en moi. Qu’il est facile de se laisser entraîner dans un engrenage où on oublie de s’écouter quand les voix extérieures se font trop pesantes.

Au fur et à mesure des mois, j’ai essayé de mon mieux de satisfaire, de plaire, pensant qu’il serait malgré tout possible de trouver mon bonheur dans ce conformisme au souhait de “l’autre”, que ce soit sur un plan professionnel ou personnel. Le réveil a été douloureux lorsque j’ai finalement ouvert les yeux et que je me suis rendue compte de ces barrières qui s’étaient tranquillement érigées en moi sans mot dire.

Aujourd’hui, je travaille lentement, doucement, avec beaucoup de bienveillance envers moi même à déconstruire ces mauvaises herbes qui sont venues empiéter mon jardin. La CNV (Communication Non Violente) m’est d’une grande aide dans cette tâche, et je ne saurais que chaudement vous recommander de vous y intéresser (mais je reviendrai plus amplement dessus dans un prochain article).

Quand à ce voyage dont je rentre tout juste, il m’a rappelé l’exaltation de se laisser porter par le flot de la vie, celui qui fait qu’il ne sert à rien de faire trop de plans des mois et des mois à l’avance car un petit quelque chose va souvent venir chambouler la donne. La différence aujourd’hui est peut-être que j’entends désormais de moins en moins cette petite voix qui me disait avant que “quand tu as décidé un plan, il faut t’y tenir”

Aujourd’hui je me sens légère comme un oiseau, libre de voler de mes ailes où le vent me portera. J’ai toujours de nombreuses craintes bien sûres, qui saurait ne jamais ressentir d’appréhension devant des choix impliquants à faire. La différence est maintenant que j’ai compris qu’un choix n’engage pas “ad vitam eternam”, et que c’est totalement ok d’avoir envie de quelque chose aujourd’hui, et d’une autre chose totalement différente demain !

Moi à qui on a souvent reproché de manquer de cohérence, je vois au contraire beaucoup de sens dans ces apparentes contradictions. Comme je vous le confiais en tout début d’année, mon cœur balance entre nomadisme et enracinement, et il aura fallu qu’une amie éclairée me partage cette très belle citation et qu’elle fasse son chemin pendant ces dernières semaines pour que je trouve un début de réponse…

“Tout homme est tiraillé entre deux besoins, le besoin de la Pirogue,c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre,c’est à dire de l’enracinement, de l’identité, et les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre; jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue.” Mythe mélanésien de l’île du Vanuatu

Aujourd’hui, en rentrant de ces six semaines passées à bourlinguer, je peux dire qu’il y a une chose dont je suis sûre : j’avais hâte de rentrer à la maison. Mais contrairement à ce que je pensais auparavant, la maison n’est pas forcément un lieu défini géographiquement, même si je dois le concéder, j’ai quand même envie de retrouver le confort de mon appartement où me poser quelques temps tranquillement…

Non, la maison, c’est avant tout les gens, ceux qui n’importe où dans le monde te font te sentir chez toi grâce à leurs visages familiers. Moi qui par exemple n’aime pas du tout Paris et ne reviendrais pas y vivre pour un sou, j’y ai pourtant peu à peu trouvé mes marques en y laissant des petits bouts de moi par ci par là auprès de toutes les personnes chères à mon cœur, et j’y reviens toujours avec un grand plaisir.

Cet arbre dont parle le proverbe, ce n’est pour l’instant pas une ville où j’ai posé mes valises, pas même un territoire précisément défini. C’est plus une forêt qui s’étend un peu partout où je me sens bien : Paris, Montréal, le Rhône-Alpes, les festivals de danse folk… Même si j’ai cette envie de trouver cet endroit où construire plus perennement et avec plus de stabilité un quotidien, j’ai le sentiment que le temps n’est pas encore venu.

A bientôt 30 ans, certains diraient qu’il serait temps ! Au contraire, l’approche de la trentaine me donne des ailes et l’assurance peu à peu regagnée à côtoyer ces dernières semaines des personnes positives et bienveillantes me renforce dans l’affirmation de mes choix de vie souvent non conventionnels. Comprendre que la seule personne dont j’aurai à me justifier de ces choix est mon “moi du futur” fut incroyablement libérateur.

C’est pourquoi, en accord pas du tout longuement concerté avec mon “moi du présent”, j’ai plus ou moins décidé de ne pas déménager de Tours dans l’immédiat, avec l’ambition de retourner vivre quelques mois en Amérique latine à l’automne / hiver prochain ! Plusieurs raisons à cela : d’une part une envie depuis déjà quelques années de voyager en Amérique latine et d’apprendre l’espagnol…

… et d’autre part, une alléchante proposition de boulot en tant que coach sportif personnel au Nicaragua qu’on m’a faite le mois dernier ! Sachant que je vais fêter mes 30 ans dans quelques mois et que cela marquera notamment la fin de la possibilité de demander un PVT pour nombre de pays, il n’en fallait pas plus pour que je me dise que c’était peut-être le moment où jamais !

Bien entendu, il se peut tout à fait que je change d’avis dans un mois, dans 6 mois, que j’hésite trois millions de fois dans mon choix de pays pour le PVT (short list pour l’instant entre la Colombie, le Chili, le Mexique et l’Argentine ^^), que je parte en novembre ou en janvier, que j’y reste 3 mois, 6 mois, ou plus… mais tu sais quoi ? Je suis tout à fait OK avec l’idée de changer d’avis et d’envies mille fois !

Alors si pour une fois on se laissait la place de changer ? Qu’en dis tu ?

10 Commentaires

    • Hâte d’avoir de chouettes choses à raconter moi aussi ! 🙂 Merci de me lire en tout cas.

  1. Bonjour oui j au déjà eu ce ressenti à chaque fois que je pars et que je reviens à bon port je vois mon point d attaché très différemment ensuite mais je pars surtout quand le blues se fait sentir et le ras le bol du quotidien avant une certaine lassitude.

    • Je pense qu’on change forcément en voyageant, mais c’est vrai que c’est difficile de trouver un équilibre entre la nostalgie de chez soi et la lassitude du quotidien, on se comprend !

  2. J’aime beaucoup ta citation sur l’arbre et la pirogue, ça trouve écho en moi. Je te souhaite en tout cas de trouver peu à peu les réponses à tes questionnements.

  3. Même si j’adore voyager, je ne pourrais pas le faire aussi longtemps que toi, j’ai besoin de la stabilité d’un chez moi. Partir en vacances oui, mais tout en sachant que je vais retrouver mes amis en rentrant !

    • J’y pense de plus en plus, car sinon c’est trop dur de rentrer et de ne pas s’être construit un petit cocon accueillant… Comme tu as pu le comprendre, ça fait parti de mes réflexions actuelles, on verra bien à l’avenir !

  4. Je trouve toujours tes articles tellement inspirants… j’aimerais avoir le courage de me remettre en question de la même façon ! En tout cas tu sonnes juste. <3

    • J’essaye d’être honnête sur ce que je ressens oui, et de toujours réfléchir avec une perspective nouvelle pour progresser et ne pas stagner !

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