Tourisme responsable et durable à Madagascar : les lémuriens du Parc Andasibe

0

Un voyage d’écotourisme responsable et durable à Madagascar, c’est avant tout un voyage au pays des lémuriens, puisque Madagascar est le seul endroit au monde où on peut les observer à l’état sauvage, notamment au Parc national Andasibe ou à la réserve du Vakona Forest Lodge. En effet, pas moins de 90% des animaux de Madagascar sont endémiques de l’île, c’est-à-dire qu’ils n’existent nulle part ailleurs sur la planète.

Pourtant, il aura fallu des années aux communautés locales pour prendre conscience de cette opportunité que représente l’écotourisme à Madagascar et que les populations se rendent comptent de l’urgence de cesser la destruction des forêts pour les besoins des pâturages et des rizières, qui sont les deux principales sources de revenus. C’est notamment la pratique de l’agriculture sur brûlis qui cause les dégâts les plus dévastateurs, entraînant la perte d’habitat des lémuriens et de nombreuses autres espèces.

Parc national Andasibe : à la rencontre de l’Indri Indri et du Propithecus Diadema

Le problème, c’est que Madagascar est l’un des pays les plus pauvres au monde avec un revenu moyen par habitant dans les villages avoisinant 200 $ USD par an, et c’est pourquoi pendant de nombreuses années les lémuriens étaient chassés pour leur viande, notamment l’Indri qui est pourtant considéré comme le plus sacré des lémuriens, mais qui est aussi l’animal fournissant le plus de « viande » !

Heureusement, les communautés avoisinant les réserves et les parcs nationaux de Madagascar ont aujourd’hui changé leur approche grâce à l’écotourisme, en comprenant qu’aucun touriste ne viendrait voir de forêt vide. C’est pourquoi d’anciens chasseurs se sont reconvertis en éco-guides touristiques, faisant  découvrir la forêt qu’ils connaissent parfaitement et devenant ainsi les meilleurs défenseurs de l’environnement.

 

La conclusion de tout ça ? En tant que touristes, nous pouvons avoir un impact positif et permettre aux communautés locales de gagner dignement leur vie, en leur faisant confiance pour nous faire découvrir la beauté de leur pays. Car la préservation de l’environnement, c’est un cercle vertueux ! Comme je l’expliquais précédemment, la disparition de l’habitat des lémuriens a créé cette situation où aujourd’hui 90% des espèces de lémuriens de Madagascar sont en voie d’extinction.

Sauf que ce qu’on sait moins, c’est que l’inverse est aussi vrai, la disparition des lémuriens menace également le futur de la forêt tropicale malgache ! En effet, parlons concrètement : les lémuriens font leurs besoins dans la forêt, et par ce biais permettent la dispersion des graines d’arbres grâce à leurs matières fécales. Une étude a montré que les graines dispersées de cette manière seraient 300% plus efficaces que des graines uniquement lâchées sur le sol…

Le parc national d’Andasibe est un des 11 parcs nationaux de Madagascar. J’ai eu la chance de pouvoir y observer l’Indri dans son habitat naturel. Et le moins que je puisse dire, c’est que l’expérience était IMPRESSIONNANTE ! Il est facilement identifiable : une grande taille et une queue très courte et arrondie, mais ce qui le rend si unique, c’est son chant qui figure parmi les cris les plus forts du règne animal ! (il n’y a qu’à écouter la vidéo ci-dessous pour s’en rendre compte)

Nous avons également pu apercevoir de près le Propithecus Diadema qui a quand a lui une grande queue et un pelage en partie orange. Le Parc Andasibe  s’est ainsi révélé un lieu de rencontre privilégié avec ces lémuriens, même si je regrette que nous ayons été énormément de touristes autour des animaux, avec notamment certains pas discrets du tout. Il ne faut pas oublier qu’ici ce sont nous les intrus dans leur espace naturel !

➡ Tarif : 45000 Ar, soit 11€ pour un adulte et 6€ pour un enfant. Le parc Andasibe est ouvert tous les jours de 06:00 à 16:00 (mieux vaut venir tôt le matin pour entendre les cris que l’Indri fait pour marquer son territoire) et se situe à 140 kms de la capitale Antananarivo. Je conseille fortement de faire appel à l’agence Promotours qui a les coordonnées de Jean-Rémi qui fut notre guide lors de cette visite, et n’a pas son pareil pour repérer les espèces animales aussi diverses que variées !

➡ En savoir plus sur le parc national Andasibe

Balade nocturne à Andasibe : à la découverte de la faune sauvage de Madagascar

Étendu sur une superficie de 16 310 ha à une altitude de 900 à 1250 m dans un climat tropical humide, le parc d’Andasibe est en fait formé de deux aires distinctes qui abritent une immense forêt primaire, refuge de nombreuses espèces animales et végétales. Cette forêt vierge de toute empreinte humaine, représente 80% du parc et on y trouve une multitude d’espèces endémiques très rares, qu’il est possible d’observer de jour comme de nuit !

C’est ainsi qu’accompagné de notre guide Jean-Rémi, nous devions partir un soir à la nuit tombée à la découverte de la faune malgache qui se révèle dans l’obscurité… Une expédition pour le moins inhabituelle puisque c’est armés de lampes frontales et autres lumières que nous devions nous retrouver à marcher en file indienne le long de la route menant au parc dans l’espoir d’apercevoir une forme de vie.

 

Autant vous dire que m’étant rendue compte au début de la balade que ma lampe frontale était à plat, je n’aurais pas vu grand-chose si j’étais seule. Mais c’était sans compter sur les yeux de lynx de Jean-Rémi qui je le jure m’époustoufla sans commune mesure ! Repérer une grenouille à 10 mètres, ça c’est fort, et je ne parle même pas des phasmes, ces espèces de petites « brindilles » qu’un œil non averti aurait tôt fait de confondre avec une branche…

Quand aux lémuriens, je ne peux pas vraiment dire que j’en ai vu de près ce soir là, mais par moments lorsque nous étions attentifs, nous pouvions voir le reflet de leurs yeux rouges dans l’obscurité, un instant éclairés par nos lampes. En fin de compte, c’était une sortie plutôt amusante où j’ai vraiment eu l’impression de jouer à une chasse aux trésors dans le noir complet, créant une atmosphère vraiment particulière !


Vakôna Forest Lodge : dans l’habitat du lémurien Vari et du Hapalemur Griseus

A la différence d’Andasibe qui est un parc national, la réserve Vakôna est privée et appartient au Vakôna Forest Lodge. Elle comprend à la fois une réserve pour les crocodiles du Nil vivant à Madagascar, et des “îlots” où vivent plusieurs espèces de lémuriens en liberté. Son ouverture date de 1996, date à laquelle des lémuriens Vari (Varecia Variegata) qui vivaient alors en captivité chez des particuliers, ont été accueillis par la réserve.

C’est ainsi une vingtaine de lémuriens qui été pris en charge, pour la plupart dans un bien piètre état de santé suite à leur séjour dans des cages exiguës chez ces particuliers. Aujourd’hui, la réserve Vakôna travaille sur un programme de conservation des espèces menacées en accord avec le Ministère des Eaux et des Forêts de Madagascar, dans le but de les faire se reproduire dans leur éco-système en toute sécurité.

 

En somme, une belle initiative qui d’autant plus, à la différence du parc d’Andasibe où j’avais un peu eu l’impression de crouler sous les touristes, m’a donné le sentiment d’un contact privilégié avec les lémuriens puisque nous étions en tout petit groupe pour cette excursion. J’ai ainsi pu observer de très près les lémuriens dont certains n’ont pas hésité à me sauter juste sous le nez comme dans la vidéo ci dessous !

Seul bémol que je mettrais, notre guide a attiré les lémuriens à un moment à l’aide de nourriture afin que celui ci puisse nous grimper sur le dos. Je me permets de rappeler que ce type de pratique n’est pas souhaitable car le lémurien est capable de se nourrir seul et si on passe la journée à lui donner à manger pour faire des selfies, ce n’est pas très respectueux… Obserber c’est oui, mais l’appâter pour le toucher et prendre une photo c’est non !

En effet, en tant que touristes, nous avons le pouvons d’influencer les pratiques des acteurs du tourisme. Si les touristes sont en demande de toucher les animaux et que chacun joue le jeu de la surrenchère du selfie le plus fun avec un lémurien, bien entendu que les locaux vont être tentés d’offrir cette expérience pour gagner de la clientèle ! C’est pourquoi il est de notre rôle d’en avoir conscience et de justement refuser ce genre de pratiques…

Tarif : 15 000 Ar, soit 5€ pour un client de l’hôtel, 25 000 Ar soit 8€ pour un client extérieur pour la visite de la réserve en journée de 7h à 17h (circuit incluant la réserve des crocodiles et les îlots des lémuriens). Prévoir 15 000 Ar supplémentaires pour la visite en canoë. Il y a également possibilité d’une visite guidée nocturne pour 20 000 Ar soit 7€, mais seulement pour les clients de l’hôtel.

➡ En savoir plus sur le Vakôna Forest Lodge

Réserve Peyrieras : voir les mille couleurs des caméléons malgaches

Visiter la réserve Peyrieras, c’est l’occasion de voir une multitude de caméléons aux mille couleurs, avec certains qui sont vraiment magnifiques. Mon seul regret dans l’histoire : leur captivité même si on m’a notamment expliqué qu’il était important que ce genre de réserves existe car elles permettaient la protection et la reproduction des espèces, et que les animaux qui y séjournent ne sont pas destinés à y passer leur vie mais seulement un temps donné pour se reproduire.

Un discours se voulant rassurant, mais qui je dois l’avouer ne m’a pas totalement satisfaite car si je comprends la volonté derrière ce projet, j’émets quelques réserves concernant son application. En effet, j’ai trouvé que certaines espèces de caméléons cloisonnées dans ce que j’appellerais des espèces de « placards » avaient bien peu d’espace pour vivre, et je dois même avouer avoir été choquée que notre guide sorte et nous mette sous les yeux en plein jour un caméléon nocturne sans même penser à l’impact que la lumière pouvait avoir sur lui…

 

J’ai également été déçue et un peu gênée quand le guide a proposé de nous poser un caméléon sur l’épaule pour le prendre en photo. Là encore, je vais un peu me répéter, mais est ce que tu aimerais toi qu’à longueur de journée on te dérange en te saisissant pour te poser sur l’épaule d’un inconnu ? Bof, pas trop non et crois moi les caméléons non plus alors pour leur bien être, on refuse ce genre de proposition !

En conclusion, j’aimerais souligner comme au début de l’article que l’écotourisme à Madagascar n’en est encore qu’à ses débuts balbutiants. Pourtant c’est un monde de possibilités qui s’offrent ainsi, permettant d’envisager une nouvelle manière de voir le tourisme, plus durable, plus responsable et qui permette aux populations de prendre leur sort en main tout en préservant leur environnement de vie pour les générations futures !

Tarif : 20 000 Ar soit 7€ par adulte, 10 000 Ar soit 4€ pour les enfants entre 8 et 12 ans. Guide en supplément sur la base de 1 à 3 personnes, compter 5 000 Ar soit 2€ pour le circuit reptiles (45 mn) et 20 000 Ar soit 7€ pour le circuit lémuriens (90 mn).

Disclaimer : mon séjour à Madagascar a été rendu possible grâce à l’invitation de l’office de tourisme de Madagascar et de l’agence Ramartour afin de promouvoir les possibilités de circuit combiné entre Madagascar et les autres îles Vanille telles que Mayotteles Seychelles ou les Comores, toutefois les opinions exprimées ici restent les miennes, honnêtes et sincères. Mes autres articles sur l’écotourisme à l’île Maurice :

➡ Écotourisme à l’île Maurice : le tourisme responsable au-delà des plages de sable paradisiaques…

➡ Île Maurice : Le Morne Brabant, une randonnée chargée d’histoire !

Laisser un commentaire