Le voyage zéro déchet.

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Peu avant de partir de Montréal, j’ai lu un livre. (super intéressant non?) Rassurez-vous, je ne vous dis pas ça en mode ce-matin-je-me-suis-levée-brossé-les-cheveux-lavé-les-dents-bref. Car si j’avais quelque peu délaissé les livres depuis quelques années (alors que j’étais avant – mes parents en témoigneront – une dévoreuse de bouquins) je m’y suis peu à peu remise, car c’est parfois un très bon complément d’information à ce qu’on peut trouver sur Internet.

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Pour en revenir à nos moutons, ce livre dont j’aimerais vous parler donc, c’est “Zéro Déchet” de Béa Johnson. Si j’en avais déjà entendu parlé plusieurs fois sans pour autant être plus intéressée que ça (oui au premier abord, une famille qui avait réussi à réduire ses déchets à moins de un kilo par an, ça me faisait un peu peur ˆˆ) quand mon amie Emma m’en a parlé et m’a proposé de me le prêter, j’ai sauté sur l’occasion.

Je ne vais pas vous décrire ici en long en large le contenu du livre (Emma s’en charge d’ailleurs à merveille dans son article sur le sujet) (si vous ne connaissez pas encore le blog d’Emma et que vous appréciez de lire mes chroniques écolos, foncez y, vous allez aimer c’est certain car il n’y a pas plus douée qu’elle pour vulgariser des sujets écolos importants et nous faire voyager avec ses belles photos) (non je ne dis pas ça juste parce que c’est mon amie ˆˆ)

Je ne vais pas faire durer le suspense : ce livre m’a beaucoup influencée. Je me considérais déjà comme pas mal écolo, mais là je me suis prise une claque. Il me restait encore tellement à progresser, il était vraiment possible de pousser tout ça un cran au dessus en fin de compte. Même si une fois la 4ème de couverture refermée, on pourrait presque être découragés par ce qui parait presque infaisable au quotidien.

Là est la clef, comme l’auteur nous l’apprend à ses dépends dans le livre, il ne faut pas vouloir tout changer trop vite, sinon c’est courir dans le mur. Alors inspirée une fois de plus par mon amie Emma, je me suis prise au jeu d’essayer de mettre en place de petits changements. Première étape : REFUSER. Refuser les sacs plastiques quand je vais faire des courses, ça je savais déjà faire grâce à mes sacs en tissu réutilisables.

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Maintenant, j’essaye au maximum de refuser également les sacs en plastiques que j’avais l’habitude de continuer à utiliser pour emballer les légumes au supermarché. Soit s’ils sont assez gros – pommes, tomates… – je les mets directement dans mon caddie, soit dans un des petits filets que j’ai acheté lorsqu’il s’agit par exemple de noix en vrac (là on est d’accord que je vais pas m’amuser à mettre mes amandes comme ça dans mon panier :P).

Le vrac, c’est d’ailleurs le nerf de la guerre, si on pouvait en trouver des magasins plus facilement partout! Car dans un vrai magasin de vrac, c’est la caverne d’Ali Baba, on peut tout y trouver! Même de l’huile, du vinaigre, du peanut butter en vrac… Il suffit d’acheter une première fois le contenant – ou certains magasins permettent d’utiliser vos vieux pots en les pesant d’abord – et ensuite il n’y a plus qu’à remplir, une vraie économie d’emballages pour la planète!

Autres achats pratiques, des pochettes à sandwichs, qui se révèlent très versatiles! Elles peuvent servir à emballer bien entendu un sandwich, mais aussi une pâtisserie ou n’importe quoi de gras, dépliées elles peuvent servir de nappe pour ne pas se salir et enfin à emballer des déchets quand il n’y a pas de poubelle à côté! (testé et approuvé pour la peau de banane et le trognon de pomme dont on se sait pas quoi faire dans le bus ˆˆ)

Enfin, quand on voyage et qu’on est du genre comme moi à se nourrir uniquement de salades composées, une bonne boîte à lunch s’impose! La mienne est en plastique car je n’ai pas voulu en racheter avant de partir et j’ai donc gardé un de mes vieux “tupperwares”. Attention toutefois à s’assurer qu’il n’y a pas de BPA dedans, le top étant le verre pour chez vous ou pour voyager l’inox est une bonne alternative. 05_voyage-zero-dechet_food-kozy-reusable-wrap

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Enfin des couverts et un verre réutilisables viennent compléter mon attirail. Pour les couverts réutilisables, j’avais à la base craqué sur une double fourchette / cuillère en bamboo mais ce n’est pas ce qu’il y a de plus pratique pour voyager (la fourchette ne pique rien et est difficile à nettoyer ˆˆ) donc je garderais plutôt ça pour un sac à main de ville et pour voyager j’opterais pour le set de camping fourchette / couteau / cuillère. (merci Décathlon :P)

Le verre pliable en silicone est hyper pratique, autant pour dépanner et éviter l’utilisation d’un gobelet jetable, que quand on veut partager du thé de sa thermos – le meilleur achat pour le tea-addict que je suis – ou même en tant que petit bol pour se servir une portion de petits fruits, écraser une banane… Pour en revenir à ma thermos, je l’ai achetée durant la première partie de mon road-trip – dans les Maritimes – sur conseil de mon amie Armelle, et je ne regrette pas!

Chaque matin dans les auberges de jeunesse, je me fais chauffer l’eau pour mon thé avant de partir et je remplis ma thermos, ainsi j’ai du thé pour toute la journée! Pratique et économique, pas besoin de dépenser 2$ à Starbucks pour un thé qui me serait en plus servi dans un gobelet jetable… 500 ml est la parfaite contenance je trouve, pas trop encombrant et suffisant pour s’en servir plusieurs petites tasses dans la journée.

Avec un équipement pareil, plus 2 ou 3 sacs en tissus réutilisables, ainsi qu’en faisant des choix judicieux pendant ses courses – comme essayer de privilégier les fruits et légumes sans emballages – il est possible de refuser pas mal de suremballage inutile, même si comme j’ai pu le constater en voyage on ne trouve malheureusement pas toujours de magasin de vrac et qu’il faut donc parfois faire des concessions pour pouvoir manger équilibré.

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Deuxième étape : recycler! Là dessus je pense que je ne vous apprends rien car le recyclage est à priori une pratique assez répandue de nos jours. Cependant, j’ai découvert à Montréal une pratique que je n’avais jamais vue à Paris : le compostage! Pour quelqu’un qui manger énormément de produits frais comme moi, ça sauve vraiment beaucoup de déchets de pouvoir composter.

Seul bémol, si il n’y a pas de service de ramassage des déchets là où vous habitez ça complique le processus – à moins d’avoir la place et d’avoir envie d’avoir un lombri-composteur perso chez vous ˆˆ. J’ai été surmotivée avant de partir de Montréal et je suis allée jusqu’à marcher 20 minutes avec mes énormes sacs de composts accumulés depuis 3 semaines pour les jeter dans un bac de collecte, pas sûre que je le referais lol…

A terme, il est possible de réduire de façon drastique ses déchets comme la famille du livre, mais cela demande de mettre en place des habitudes parfois très locales et en ce sens, pas facile en voyage! Et c’est aussi un mode de vie, ne pas s’encombrer à la base en n’achetant pas n’importe quoi – autant dire que pour moi qui adore les gadgets geeks débiles mais inutiles ça va demander un peu de travail…

Même si de ce point de vue là, on peut dire que apprendre à vivre avec uniquement le contenu d’un sac à dos de 50 litres permet de relativiser sur notre besoin d’avoir une garde robe gigantesque… On a pas forcément besoin de choses matérielles pour être heureux, on le sait tous! Mais de la théorie à la pratique reste un peu à faire, alors commencez petit, informez-vous, lisez le livre de Béa Johnson ou celui de la famille Zéro Déchet, faîtes des recherches.

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Et toi, comment fais-tu pour réduire
tes déchets en voyage ?

15 Commentaires

  1. Très intéressant ton article!
    J’ai le livre aussi, une thermos presque comme la tienne, et des sacs en tissus 🙂
    Pas facile tous les jours mais au moins, il faut essayer!

    Bien hâte de découvrir ta trousse de toilette! Mon petit doigt me dit que j’aurai encore pas mal de points communs 😉

  2. Je trouve ton article interessant j avais vu un reportage sur cette femme  avec ses bocaux en verre pour aller acheter sa viande et poisson .il est pas facile en europe de pouvoir acheter tout en vrac mais en attendant je fais aussi avec mes sac en tissus. 

  3. Hey Merci pour les éloges! 🙂 Contente de t’avoir contaminée 🙂
    Très bel article aussi, c’est cool de voir le zéro déchet en application dans plusieurs types de voyage! Je reprend un peu les mêmes arguments dans mon dernier article sur limiter ses déchets en voyage 😉
    @Marie, pour les sachets, tu peux regarder sur Credo Bags ou Eco Bags 😉
     
    Bonne continuation Green Geekette !

  4. Bien moi je fais un peu comme toi : dans la mesure du possible achat en vrac et utilisation de sacs tissus. 1er bémol : les sacs en tissus, je ne veux pas les acheter parce que je trouve que c’est cher pour ce que c’est et que j’ai un grand drap qui n’attend que de devenir pleins de petits sacs. Par contre il m’attend… J’ai pas réussi à m’y mettre (très très mauvaise excuse, j’en ai déjà fait un, çà prend 10 minutes…) 🙂 2ème bémol, le vrac en France c’est une catastrophe. Cà commence à venir mais c’est long, c’est fastidieux, le choix est limité. Le seul magasin qui ait vraiment du choix refuse l’utilisation de sacs autres que les leurs… en plastique !
    Pour tous ce qui est cuisine et vaisselle, je supprime petit à petit : plus de sopalin, plus de serviette papier, j’évite l’utilisation de l’alu et du plastique avec des contenants verre et les pochettes que tu utilises.
    Au bureau j’ai investis dans une théière qui me permet d’utiliser du thé en vrac facilement, j’ai des couverts dans mon tiroir pour refuser les couverts jetables quand je n’ai pas eu le temps de préparer ma gamelle, j’ai une gourde pour l’eau.
    De manière générale j’essaie de trouver une alternative à tout ce qui est jetable. Voir sur mon site, j’ai fait un article là-dessus aussi 🙂 http://labalec.fr/delphine/?p=152 
    Bonne continuation ! Et j’attends avec impatience les autres articles sur le sujet : il y a toujours de bonnes idées à prendre chez les autres. C’est pour çà que j’avais aussi lu le livre de Béa Johnson 😉
     
     
     

  5. Je l’ai lu aussi et ensuite j’ai essayé de trouver absolumznt du vrac pour tout mais en général c bcp plus cher dc j’en suis un peu revenue..j’ai tout de même acheté des filets pour légumes, des carres de coton lavables, des serviettes en tissu pour les invités, j’ai stoppé les sacs plastiques ( je ne le faisais qu’à moitié mais maintenant je refuse dans tous les types de magasins) et je fais plus attention aux emballages quand j’achète. J’ai stoppé aussi au max les papiers cadeaux (je réutilise les sachets en tissu/toile/organza)
    voilà c pas grand chose mais tant que les industriels ne s’y mettent pas c difficile ! C à la source qu’il faudrait traiter le pb, c’est dommage qu’il n’y ait que le consommateur qui s’y sensibilise quoi…

  6. Je trouve cette madame très inspirante, et depuis que j’ai vu son témoigne dans une émission je suis plus consciente du nombre de déchets que l’on peut produire et c’est complètement fou ces suremballages de suremballages inutiles… en général je prône les marques qui le minimise au possible, et je trouve que c’est une bonne idée d’appliquer ça en voyage. Ca me rendrait malade de jeter un gobelet en plastique tous les jours pour boire…

  7. Salut toi!
    Je suis contente de lire ton article, c’est chouette. J’ai justement fait une entrevue avec Béa Johnson il n’y a pas longtemps. L’as-tu vue? Pas voulu mettre le lien ici 🙂

  8. Jusqu’à présent je n’ai entendu parler de ce livre que par des gens peu écolo, dans le sens, écolo par facilité,sans trop y réfléchir, assez grand public (j’essaye de nuancer car ce n’est pas un jugement de valeur).
    Du coup sur un blog qui prend la peine d’écrire régulièrement sur l’écologie, ce livre prend une autre valeur, et il y a peut-être autre chose à apprendre que “acheter en vrac”. Du coup, je vais voir s’il est possible de le trouver (vivant comme toi avec un sac à dos, je n’ai pas très envie de l’acheter pour le moment).

  9. Super intéressant. On avait une certaine sensibilité aussi, mais en voyageant on a eu une prise de conscience sur tous les déchets qu’on génère. Ce genre d’articles et de livres aident à savoir concrètement comment s’y prendre. On avance petit à petit, mais ce n’est pas toujours facile en étant nomade.

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